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Insomnie de l’adulte

PsychiatrieMis à jour le

Aperçu

Points clés

  • Le diagnostic associe difficulté de sommeil et retentissement diurne ;

    • il ne repose pas sur un nombre minimal d’heures de sommeil.

  • L’insomnie chronique évolue au moins 3 nuits par semaine depuis au moins 3 mois malgré des conditions permettant de dormir.

  • La TCC de l’insomnie (TCC-I) est le traitement de première intention, y compris en présence de comorbidités.

  • Éviter la reconduction automatique des hypnotiques et prévoir le suivi ainsi que les modalités d’arrêt dès l’initiation.

CIM

G47.0 / F51.0 selon le diagnostic

Définition

Définition

  • L’insomnie associe une difficulté d’endormissement, de maintien du sommeil ou un réveil trop précoce à un retentissement diurne, malgré des conditions permettant de dormir.

  • Elle est chronique lorsqu’elle survient au moins trois nuits par semaine depuis au moins trois mois.

  • Elle ne se définit pas par un nombre minimal d’heures de sommeil.

Clinique

Interrogatoire et diagnostic différentiel

  • Faire préciser endormissement, éveils prolongés, réveil précoce, horaires, siestes, temps passé au lit, conséquences diurnes et attentes.

  • Faire tenir un agenda du sommeil pendant 7 à 14 jours ; l’Insomnia Severity Index peut aider à mesurer l’évolution.

  • Rechercher SAHOS, jambes sans repos, trouble du rythme circadien, douleur, reflux, nycturie, ménopause, dépression et anxiété.

  • Une diminution du besoin de sommeil sans fatigue, avec exaltation ou accélération psychique, fait rechercher une manie.

  • Recenser caféine, alcool, cannabis, automédication et médicaments stimulants ou sédatifs ; rechercher un sevrage.

Examens complémentaires

Alertes et examens

  • Risque suicidaire, épisode maniaque ou sevrage compliqué : évaluation urgente.

  • Somnolence dangereuse au volant : arrêt de la conduite et recherche d’une autre cause ou d’un effet médicamenteux.

  • L’examen et la biologie sont orientés par la clinique ; ni bilan biologique étendu ni polysomnographie de routine.

  • Adresser pour exploration si suspicion d’apnées, de mouvements nocturnes pathologiques, de parasomnie dangereuse ou d’insomnie résistante.

Traitement

TCC-I et conseils pratiques

  • Fixer une heure de lever régulière et favoriser lumière naturelle et activité physique dans la journée.
  • Réserver le lit au sommeil ; se coucher lorsque la somnolence apparaît et quitter temporairement le lit si l’éveil se prolonge, sans surveiller l’horloge.
  • Adapter les siestes et les excitants ; éviter alcool comme aide au sommeil et repas lourds proches du coucher.
  • La restriction ou compression du temps au lit et le travail sur les croyances doivent être encadrés par un professionnel formé ; adapter en cas de bipolarité, épilepsie ou activité à risque.
  • Une TCC-I comporte généralement plusieurs séances ; une solution numérique validée peut faciliter l’accès lorsque l’offre locale manque.

Médicaments : options et limites

DCI / nom commercialUtilisation pratiquePrécautions essentielles
Zopiclone — Imovane, génériquesOption de courte durée pour insomnie aiguë invalidante : 7,5 mg au coucher au maximum chez l’adulte ; généralement 3,75 mg au début chez le sujet âgé ou fragile.Durée la plus courte possible, au maximum quatre semaines incluant l’arrêt ; somnolence, chutes, amnésie, dépendance ; pas d’alcool ni d’association avec d’autres hypnotiques.
Mélatonine à libération prolongée — Circadin 2 mgInsomnie primaire chez les patients ≥ 55 ans : 2 mg, une à deux heures avant le coucher, après le repas, jusqu’à 13 semaines selon réponse.Ne pas extrapoler aux compléments alimentaires ou aux formes immédiates ; interactions et somnolence possibles.
Daridorexant — QuviviqInsomnie chronique avec retentissement diurne : 50 mg dans les 30 minutes précédant le coucher ; 25 mg dans certaines situations selon RCP.Contre-indiqué en cas de narcolepsie et avec inhibiteur puissant du CYP3A4 ; réévaluer au plus tard à trois mois, plus tôt selon tolérance.
  • Un médicament peut être discuté si la TCC-I est insuffisante ou inaccessible, après décision partagée ; maintenir le travail comportemental.
  • Ne pas prescrire un sédatif avant d’avoir recherché un trouble respiratoire du sommeil ; les contre-indications dépendent du produit.
  • Éviter antihistaminiques sédatifs et antipsychotiques pour une insomnie isolée ; un antidépresseur ne se justifie pas par la seule recherche de sédation.

Suivi

Suivi et déprescription

  • Revoir sous deux à quatre semaines, ou plus tôt après prescription chez un patient fragile : agenda, retentissement, effets indésirables et prise réelle.
  • Ne pas augmenter automatiquement la dose devant une efficacité décroissante.
  • Pour une benzodiazépine ou un apparenté pris au long cours, organiser une réduction progressive, personnalisée et accompagnée d’une TCC-I ; un sevrage peut nécessiter plusieurs mois.
  • En cas d’échec, reconsidérer diagnostic, rythme veille-sommeil et comorbidités, puis orienter vers une consultation du sommeil.

Abréviations

Repères

  • ISI : Insomnia Severity Index
  • LP : libération prolongée
  • SAHOS : syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil
  • TCC-I : thérapie cognitive et comportementale de l’insomnie.

Sources et références

Les liens externes s’ouvrent dans un nouvel onglet.