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Trouble anxieux généralisé de l’adulte

PsychiatrieMis à jour le

Aperçu

Points clés

  • Identifier une inquiétude excessive, difficile à contrôler, durable et responsable d’un retentissement fonctionnel.

  • Rechercher systématiquement :

    • Risque suicidaire,

    • Dépression,

    • Bipolarité,

    • Substances et causes somatiques plausibles.

  • Proposer une thérapie cognitive et comportementale (TCC) ;

    • discuter un antidépresseur pour une forme persistante ou invalidante selon les préférences du patient.

  • Les benzodiazépines ne constituent pas un traitement de fond du TAG ;

    • Annoncer leur éventuel arrêt dès la prescription.

CIM

F41.1

Définition

Définition

  • Le trouble anxieux généralisé (TAG) correspond à des inquiétudes excessives, difficiles à contrôler, portant sur plusieurs domaines et présentes la plupart du temps pendant au moins six mois.

  • Il entraîne une souffrance ou un retentissement social, professionnel ou familial et ne doit pas être mieux expliqué par une substance, une affection somatique ou un autre trouble psychiatrique.

Clinique

Diagnostic

  • Anxiété et préoccupations portant sur plusieurs domaines, présentes la plupart du temps pendant au moins 6 mois, avec difficulté à les maîtriser.

  • Chez l’adulte, rechercher au moins 3 manifestations :

    • Agitation,

    • Fatigabilité,

    • Troubles de concentration,

    • Irritabilité,

    • Tension musculaire ou perturbation du sommeil.

  • Vérifier une souffrance significative ou une limitation sociale, professionnelle ou familiale, et l’absence de meilleure explication par une substance ou une autre affection.

  • Le GAD-7 aide au repérage et au suivi : 5, 10 et 15 sont des repères de sévérité croissante, sans valeur diagnostique isolée.

  • Différentiels : trouble panique, TOC, stress post-traumatique, trouble de l’adaptation, anxiété sociale, épisode thymique ou sevrage.

Signes d’alerte

  • Idées suicidaires avec intention,

  • Scénario ou moyens accessibles ;

  • Agitation incontrôlable ;

  • Psychose,

  • Ou épisode maniaque :

    • Évaluation psychiatrique urgente et sécurisation de l’entourage immédiat.

  • Rechercher une violence subie, une addiction et une incapacité à assurer les besoins essentiels.

Examens complémentaires

Bilan initial

  • Préciser ancienneté, déclencheurs, évitements, retentissement, traitements antérieurs et attentes ; évaluer sommeil, alcool, cannabis, caféine et autres stimulants.
  • Examiner pression artérielle, pouls et signes orientant vers une cause somatique ; revoir notamment thyroxine, corticoïdes, bronchodilatateurs et décongestionnants.
  • Pas de bilan biologique uniforme : TSH, NFS, glycémie ou autres examens selon les symptômes et le terrain.
  • Avant un antidépresseur : rechercher bipolarité, interactions, grossesse ; considérer ECG et ionogramme si risque de QT long, trouble électrolytique ou hyponatrémie.

Traitement

Prise en charge non médicamenteuse

  • Expliquer le mécanisme des inquiétudes et de l’évitement ; fixer des objectifs concrets de reprise d’activité.
  • Proposer une TCC structurée comportant travail cognitif, exposition aux inquiétudes/à l’incertitude et exercices entre séances.
  • Encourager activité physique régulière, rythme de sommeil stable et diminution des stimulants ; ces mesures complètent la psychothérapie.
  • Coordonner médecin traitant, psychologue et psychiatre dans les formes sévères, résistantes ou avec comorbidités.

Traitements médicamenteux

Classe / DCI / nom commercialRepères chez l’adulteVigilance
ISRS : escitalopram — Seroplex, génériquesHabituellement 10 mg/j ; début à 5 mg/j possible si sensibilité importante, puis adaptation ; maximum usuel 20 mg/j.Chez le sujet âgé : début 5 mg/j, maximum 10 mg/j ; vérifier QT, interactions et fonction hépatique.
IRSN : venlafaxine LP — Effexor LP, génériquesHabituellement 75 mg/j avec un repas ; titration selon réponse et tolérance, jusqu’à 225 mg/j dans le TAG.Surveiller pression artérielle ; adaptation rénale/hépatique ; syndrome de sevrage en cas d’arrêt brutal.
Benzodiazépine, si crise très invalidanteUsage exceptionnel et bref, dose minimale, avec date d’arrêt ; pas d’association de plusieurs sédatifs.Dépendance, chutes, troubles cognitifs et dépression respiratoire ; éviter avec opioïdes/alcool et en cas de SAHOS.
  • Choisir une seule molécule de fond ; informer du délai de plusieurs semaines et d’une possible majoration initiale transitoire de l’anxiété.
  • Ne pas multiplier les changements avant un essai suffisamment long à dose tolérée ; contrôler l’observance et reconsidérer le diagnostic en cas d’échec.
  • Discuter un avis spécialisé avant les associations, une prégabaline ou une stratégie hors AMM ; la sertraline recommandée dans certains référentiels étrangers n’a pas d’AMM française spécifique pour le TAG.

Suivi

Suivi et arrêt

  • Premier contrôle rapproché, généralement sous une à deux semaines après introduction, plus tôt si vulnérabilité ou risque suicidaire.
  • Puis évaluer régulièrement tolérance, idées suicidaires, agitation, sommeil, fonctionnement et GAD-7 ; apprécier la réponse après plusieurs semaines.
  • Après réponse durable, poursuivre le traitement de fond suffisamment longtemps, souvent au moins un an, en adaptant au risque de rechute.
  • Préparer une diminution progressive et individualisée ; différencier symptômes de sevrage et récidive anxieuse.

Abréviations

Repères

  • GAD-7 : Generalized Anxiety Disorder-7
  • IRSN : inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline
  • ISRS : inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine
  • TAG : trouble anxieux généralisé
  • TCC : thérapie cognitive et comportementale.

Sources et références

Les liens externes s’ouvrent dans un nouvel onglet.