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Bronchite aiguë de l’adulte

PneumologieMis à jour le

Aperçu

Points clés

  • La bronchite aiguë simple est un diagnostic clinique, le plus souvent viral, après exclusion d’une pneumonie.

  • Pas d’antibiotique dans la forme simple de l’adulte sans terrain à risque ; des crachats jaunes ou verts ne prouvent pas une infection bactérienne.

  • La toux peut durer 3 à 4 semaines ; sa persistance isolée ne justifie pas un antibiotique.

  • Pas de radiographie ni de biologie systématiques si la présentation et les constantes sont rassurantes.

  • Pas de corticoïde ni de bronchodilatateur de routine sans maladie bronchique sous-jacente.

  • Donner des consignes de reconsultation et distinguer cette fiche des exacerbations d’asthme ou de BPCO.

CIM

Codage CIM-10

J20.9 — Bronchite aiguë, sans précision ; préciser l’agent causal uniquement s’il est documenté.

Définition

Définition et périmètre

  • Inflammation aiguë des voies bronchiques, habituellement infectieuse et virale, avec toux sèche puis parfois productive.

  • Un épisode ORL, des myalgies ou une gêne rétrosternale peuvent précéder ou accompagner la toux.

  • Cette fiche concerne l’adulte présentant une bronchite aiguë simple ; un patient immunodéprimé ou porteur d’une maladie respiratoire chronique nécessite une évaluation adaptée.

  • Le diagnostic de bronchite ne doit pas masquer une pneumonie, une coqueluche ou une décompensation cardiorespiratoire.

Clinique

Interrogatoire et examen

  • Préciser la durée, l’évolution de la fièvre, la dyspnée, la douleur thoracique et la présence d’hémoptysie.

  • Rechercher tabac, vapotage, expositions irritantes, maladie respiratoire, grossesse, immunodépression et contacts infectieux.

  • Mesurer température, FC, FR et SpO₂ ; apprécier l’état général, l’hydratation et la capacité à parler normalement.

  • Des ronchi diffus ou une auscultation normale sont possibles ; un foyer localisé doit faire reconsidérer le diagnostic.

Distinguer les principaux diagnostics

Diagnostic

Indices et action

Pneumonie

Foyer crépitant, fièvre persistante ou importante, dyspnée, douleur pleurale, altération générale : imagerie thoracique.

Coqueluche

Quintes, vomissements après la toux, reprise inspiratoire bruyante, toux prolongée ou contage : recherche ciblée ; ne pas attendre trois semaines en cas de suspicion.

Asthme / exacerbation de BPCO

Sifflements, dyspnée, épisodes répétés ou maladie connue : prise en charge spécifique ; envisager une spirométrie à distance si nécessaire.

Grippe / Covid-19

Contexte compatible : test si le résultat change les soins, notamment un traitement antiviral chez un patient à risque.

Embolie pulmonaire / insuffisance cardiaque

Dyspnée disproportionnée, douleur, hémoptysie, signes veineux ou congestion : démarche urgente adaptée.

Chez l’adulte par ailleurs sain, l’absence de FC ≥ 100/min, de FR ≥ 24/min, de température ≥ 38 °C et de signes pulmonaires focaux rend la pneumonie moins probable ; ces repères ne suffisent pas chez le sujet âgé ou fragile.

Examens complémentaires

Prescrire selon la question clinique

Examen

Indication

Radiographie thoracique

Suspicion de pneumonie, tableau atypique ou évolution défavorable ; pas de prescription systématique dans la bronchite simple.

NFS, CRP, procalcitonine, ECBC

Non systématiques ; uniquement si une autre hypothèse ou le terrain le justifie.

Tests viraux

Si une conséquence thérapeutique ou de prévention est attendue ; pas de panel multiplex de routine.

PCR coqueluche spécifique

Prélèvement nasopharyngé si suspicion, surtout dans les trois premières semaines de toux ; sensibilité décroissante avec le délai.

Spirométrie

À distance si symptômes récidivants, dyspnée persistante ou suspicion d’asthme/BPCO.

La sérologie coqueluche n’est pas recommandée en pratique courante selon la HAS. Une radiographie normale n’écarte pas à elle seule toutes les causes de toux ou de dyspnée.

Traitement

Soulager avec une prescription simple

Mesure

Modalités

Paracétamol si douleur ou fièvre mal tolérée

Adulte ≥ 50 kg, sans facteur nécessitant une réduction : 500 mg à 1 g par prise, espacées d’au moins 6 heures ; maximum 3 g/24 h.

Hydratation et repos

Boire régulièrement selon les restrictions habituelles ; réduire les efforts pendant la fièvre et reprendre progressivement.

Irritants

Éviter tabac, vapotage, fumées et aérosols irritants ; proposer une aide au sevrage.

Toux nocturne

Boisson tiède ou miel si souhaité et compatible avec le terrain ; bénéfice symptomatique possible, sans effet démontré sur la durée de l’infection.

Utiliser le paracétamol à la dose minimale utile, quelques jours seulement ; vérifier les autres médicaments qui en contiennent. Adapter si poids < 50 kg, maladie hépatique, dénutrition, alcoolisation chronique ou insuffisance rénale ; réévaluer une fièvre persistant au-delà de trois jours.

Traitements à éviter dans la bronchite simple

  • Antibiotiques : pas d’indication de routine, même en présence de crachats colorés ou d’une toux qui se prolonge.

  • Corticoïdes oraux ou inhalés et salbutamol : pas de prescription systématique ; réserver un traitement bronchique à une indication clinique identifiée.

  • Mucolytiques et expectorants : bénéfice non établi justifiant leur usage systématique.

  • Antitussifs : efficacité limitée ; éviter notamment en cas de toux productive et ne pas proposer de codéine de routine.

  • AINS : privilégier le paracétamol pour la fièvre et la douleur ; l’ibuprofène et le kétoprofène sont à éviter dans ce contexte infectieux.

Si le terrain est fragile

Un âge avancé, une immunodépression ou une défaillance cardiaque, respiratoire ou rénale imposent une évaluation individualisée et une surveillance rapprochée ; ils ne permettent pas de qualifier d’emblée la situation de bronchite virale simple. Rechercher une infection nécessitant un traitement spécifique plutôt que prescrire automatiquement un antibiotique pour la toux.

Suivi

Évolution et réévaluation

  • Une amélioration progressive est attendue ; la toux peut persister plusieurs semaines après disparition de la fièvre.

  • Revoir sans attendre si dyspnée, douleur thoracique inhabituelle, hémoptysie, malaise, confusion ou aggravation générale.

  • Réévaluer si fièvre persistante au-delà de trois jours, réapparition de fièvre après amélioration ou absence d’amélioration ; avancer le contrôle chez un patient fragile.

  • Si la toux ne s’améliore pas à 3–4 semaines, rechercher notamment coqueluche, asthme ou toux postinfectieuse ; ne pas renouveler automatiquement des médicaments.

  • Une toux dépassant huit semaines relève d’un bilan de toux chronique.

Explication au patient

« Votre examen est compatible avec une bronchite simple. Les antibiotiques n’en accélèrent pas la guérison. La toux peut durer plusieurs semaines, mais elle doit progressivement diminuer. Recontactez-nous si la fièvre persiste ou revient, si vous êtes essoufflé ou si votre état se dégrade. »

Prévention

  • Aérer, se laver les mains et porter un masque en présence de symptômes respiratoires au contact de personnes fragiles.

  • Adapter l’arrêt de travail aux symptômes et au poste, sans durée automatique.

  • Vérifier les vaccinations selon l’âge, les risques et le calendrier national ; aucun vaccin ne prévient toutes les bronchites.

Abréviations

Abréviations

BPCO : bronchopneumopathie chronique obstructive · FC/FR : fréquences cardiaque/respiratoire · SpO₂ : saturation pulsée en oxygène · ECBC : examen cytobactériologique des crachats · PCR : amplification génique · AINS : anti-inflammatoires non stéroïdiens.

Sources et références

Les liens externes s’ouvrent dans un nouvel onglet.