Aperçu

Points clés
Le syndrome métabolique regroupe des facteurs associés au diabète de type 2 et aux maladies cardiovasculaires.
La définition harmonisée retient au moins trois critères sur cinq ; aucun critère n’est obligatoirement présent.
Le diagnostic ne remplace ni la confirmation d’une HTA ou d’un diabète ni l’évaluation globale du risque cardiovasculaire.
CIM
E88.8 ; coder également chaque affection constituée
Définition
Critères et périmètre
Le syndrome métabolique est un regroupement de facteurs cardiométaboliques ; il est retenu lorsqu’au moins trois des cinq critères harmonisés sont présents.
Ces critères sont le tour de taille augmenté selon l’origine, les triglycérides ≥ 1,50 g/L, un HDL bas, une pression artérielle ≥ 130/85 mmHg ou traitée, et une glycémie à jeun ≥ 1,00 g/L ou traitée.
Chaque composante constituée doit être diagnostiquée et codée séparément.
Clinique
Critères diagnostiques
Critère | Seuil ou équivalent traité |
|---|---|
Adiposité abdominale | Tour de taille selon population ; repères IDF souvent utilisés chez l’Européen : ≥ 94 cm chez l’homme, ≥ 80 cm chez la femme. |
Triglycérides | ≥ 1,50 g/L (1,7 mmol/L), ou traitement spécifique de cette anomalie. |
HDL-cholestérol bas | < 0,40 g/L chez l’homme ou < 0,50 g/L chez la femme, ou traitement spécifique de cette anomalie. |
Pression artérielle | Systolique ≥ 130 mmHg ou diastolique ≥ 85 mmHg, ou traitement antihypertenseur. |
Glycémie à jeun | ≥ 1,00 g/L (5,6 mmol/L), ou traitement d’une hyperglycémie. |
Ces seuils servent à repérer l’association de facteurs ; 130/85 mmHg ne suffit pas à diagnostiquer une HTA et 1,00 g/L ne signifie pas diabète.
Documenter le référentiel du tour de taille ; les seuils varient selon l’origine et les recommandations utilisées.
Mesurer le tour de taille de façon reproductible, après expiration normale, sans comprimer la peau.
Évaluer le risque et repérer les urgences
Utiliser l’outil cardiovasculaire adapté à l’âge et au terrain ; une maladie cardiovasculaire, un diabète ou une insuffisance rénale modifie la stratégie.
Une douleur thoracique, un déficit neurologique ou une dyspnée aiguë nécessite une évaluation urgente indépendamment de l’étiquette de syndrome métabolique.
Une hypertriglycéridémie très élevée doit être réévaluée rapidement ; une douleur abdominale associée fait rechercher une pancréatite.
Rechercher une cause secondaire devant anomalie sévère ou inhabituelle : alcool, hypothyroïdie, diabète déséquilibré ou médicament.
Examens complémentaires
Bilan au cabinet
Recueillir antécédents cardiovasculaires et familiaux, tabac, alcool, sommeil, activité physique, alimentation et traitements.
Mesurer IMC, tour de taille et pression artérielle ; confirmer une pression élevée par mesures répétées/automesure selon le contexte.
Demander glycémie à jeun, bilan lipidique et fonction rénale ; compléter par HbA1c, bilan hépatique et recherche d’albuminurie selon les anomalies et affections associées.
Rechercher SAHOS, MASLD, maladie cardiovasculaire et maladie rénale selon les signes et les facteurs de risque.
Pas de dosage systématique d’insuline, d’index HOMA ou de cortisol : leur résultat ne guide pas habituellement la prise en charge de première intention.
Traitement
Traitement : agir sur chaque composante
Cible | Conduite |
|---|---|
Mode de vie et adiposité | Accompagnement nutritionnel, réduction de la sédentarité, activité d’endurance et renforcement ; objectifs de poids personnalisés, sans régime restrictif chez un sujet dénutri ou fragile. |
Tabac | Proposer une aide au sevrage et un traitement adapté si souhaité ; réévaluer à chaque consultation. |
Pression artérielle | Traiter une HTA confirmée selon le risque et la tolérance, en recherchant hypotension orthostatique et interactions. |
LDL-cholestérol et triglycérides | Décision de statine selon risque cardiovasculaire et LDL ; un HDL bas isolé n’est pas une indication à ajouter un médicament visant à le faire monter. |
Dysglycémie | Distinguer prédiabète et diabète ; appliquer le guide correspondant. |
Obésité et stéatose | Évaluer l’indication propre d’un traitement de l’obésité et le risque de fibrose hépatique ; pas de médicament unique « du syndrome métabolique ». |
Ne pas initier aspirine, fibrate, metformine ou agoniste GLP-1 sur la seule présence de trois critères ; chaque prescription doit répondre à une indication documentée.
Choisir des objectifs partagés et mesurables plutôt qu’accumuler des prescriptions à chaque anomalie isolée.
Suivi
Suivi
Réévaluation initiale à 3 mois : adhésion, pression artérielle, poids/tour de taille, tolérance et difficultés sociales ou alimentaires.
Contrôle biologique selon l’anomalie et le traitement ; surveillance glycémique au moins annuelle en cas de prédiabète.
Vérifier la cohérence de l’ensemble de l’ordonnance et réajuster si les paramètres s’améliorent.
Adresser en cas de dyslipidémie sévère, suspicion familiale, risque cardiovasculaire élevé ou difficultés persistantes malgré un accompagnement structuré.
Abréviations
HDL : lipoprotéines de haute densité
HTA : hypertension artérielle
IMC : indice de masse corporelle
LDL : lipoprotéines de basse densité.
Sources et références
Les liens externes s’ouvrent dans un nouvel onglet.
IDF, AHA/NHLBI et partenaires — définition harmonisée du syndrome métabolique, 2009 — Référence du consensus diagnostique ; seuils de tour de taille dépendant de la population.
ADA — Standards of Care in Diabetes 2026 — Prévention du diabète et prise en charge du risque cardiométabolique.
