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Reflux gastro-œsophagien de l’adulte

Hépato-Gastro-EntérologieMis à jour le

Points clés

Décisions essentielles

  • Un pyrosis et des régurgitations typiques sans signe d’alarme permettent souvent une prise en charge initiale clinique.

  • Ne pas attribuer une douleur thoracique au reflux avant d’avoir considéré une cause cardiovasculaire.

  • Un IPP n’est pas un traitement systématique d’une toux isolée, d’un enrouement ou d’une dyspepsie non explorée.

  • Toute prescription d’IPP doit comporter une indication, une durée initiale et une date de réévaluation.

CIM

K21.9 sans œsophagite / K21.0 avec œsophagite

Définition

Critères et périmètre

  • Le reflux gastro-œsophagien (RGO) correspond au passage du contenu gastrique dans l’œsophage entraînant des symptômes gênants ou des complications.
  • Le pyrosis et les régurgitations acides sont les symptômes typiques.
  • Le code CIM-10 est K21.9 sans œsophagite et K21.0 avec œsophagite.

Clinique

Diagnostic et interrogatoire

  • Préciser brûlure rétrosternale ascendante, régurgitations acides, lien avec repas, décubitus ou antéflexion, fréquence et retentissement nocturne.
  • Rechercher dysphagie, odynophagie, vomissements, saignement, amaigrissement et antécédents digestifs familiaux.
  • Relever tabac, alcool, prise de poids, médicaments irritants et automédication ; vérifier technique et horaire de prise d’un IPP déjà utilisé.
  • Différentiels : coronaropathie, ulcère, dyspepsie fonctionnelle, œsophagite à éosinophiles, trouble moteur œsophagien ou trouble biliaire.
  • Une amélioration sous IPP ne constitue pas à elle seule une preuve formelle de RGO.

Examens complémentaires

Signes d’alarme et examens

SituationConduite
Douleur thoracique aiguë, malaise, sueurs ou dyspnéeÉvaluation urgente cardiovasculaire ; appel au 15/112 si suspicion d’urgence.
Hématémèse, méléna, blocage alimentaire completÉvaluation urgente.
Dysphagie, odynophagie, anémie, amaigrissement, vomissements persistantsAvis gastroentérologique et endoscopie haute sans prolonger un traitement empirique.
Symptômes nouveaux après 50 ans, risque tumoral ou symptômes persistants/récidivantsDiscuter l’endoscopie selon le contexte et les recommandations nationales.
Symptômes typiques sans alarme chez un adulte jeunePas d’endoscopie systématique avant un premier traitement court.
Doute diagnostique ou symptômes réfractairesAvis spécialisé : endoscopie et, si indiqué, pH-métrie/impédancemétrie, avec ou sans IPP selon la question clinique.
  • La recherche d’Helicobacter pylori n’est pas systématique pour un RGO isolé ; la décider pour une indication propre.

Traitement

Mesures non médicamenteuses

  • Éviter le coucher juste après le repas et les repas tardifs/abondants ; surélever la tête du lit si symptômes nocturnes.
  • Favoriser une réduction pondérale si surpoids et proposer le sevrage tabagique.
  • Repérer les aliments déclencheurs chez ce patient plutôt qu’imposer une exclusion universelle du café, du chocolat ou des épices.
  • Éviter les vêtements très serrés et revoir les médicaments aggravants lorsque cela est possible.

Traitement médicamenteux initial

DCI / noms commerciaux usuelsDose quotidienne dans le RGO symptomatique sans œsophagitePratique
Oméprazole — Mopral, Zoltum, génériques20 mg une fois/jAvant un repas, généralement le matin ; réévaluation à quatre semaines.
Ésoméprazole — Inexium, génériques20 mg une fois/jAlternative, sans associer plusieurs IPP.
Pantoprazole — Inipomp, Eupantol, génériques20 mg une fois/jAlternative ; revoir les interactions selon l’ordonnance.
Lansoprazole — Lanzor, Ogast, génériques15 mg une fois/jAlternative à demi-dose.
Rabéprazole — Pariet, génériques10 mg une fois/jAlternative à demi-dose.
Alginate de sodium + bicarbonate — Gaviscon et présentations apparentéesPrise à la demande selon présentation/RCPPour symptômes occasionnels ou traitement de secours ; vérifier teneur en sodium et espacement avec les autres médicaments.
  • Une œsophagite nécessite un schéma de cicatrisation adapté, souvent à pleine dose et pendant huit semaines ; ne pas appliquer automatiquement les demi-doses du tableau.
  • Ne pas augmenter indéfiniment la dose : d’abord vérifier observance, horaire et diagnostic.
  • Éviter l’ajout empirique prolongé de prokinétiques ; les traitements de recours et la chirurgie nécessitent une indication spécialisée documentée.

Suivi

Réévaluation et suivi

  • À quatre semaines : évaluer efficacité, tolérance et persistance de signes d’alarme ; arrêter si les symptômes ont disparu et s’il n’existe pas d’indication d’entretien.
  • En cas de récidive non compliquée, discuter traitement à la demande ou dose minimale efficace.
  • Prévenir d’un possible rebond acide après arrêt d’un IPP prolongé et organiser un traitement de secours transitoire si nécessaire.
  • Maintenir un traitement d’entretien lorsque l’indication persiste, notamment œsophagite sévère ou autre situation spécialisée ; réévaluer périodiquement son bien-fondé.
  • Adresser si résistance, dysphagie, dépendance inexpliquée à forte dose ou discussion de chirurgie.

Abréviations

Repères

  • EOGD : endoscopie œso-gastro-duodénale
  • IPP : inhibiteur de la pompe à protons
  • RCP : résumé des caractéristiques du produit
  • RGO : reflux gastro-œsophagien.

Sources et références

Les liens externes s’ouvrent dans un nouvel onglet.