Aperçu

Points clés
Éliminer la possibilité d’une gale en cas de prurit.
Un prurit chronique isolé chez un jeune adulte peut indiquer un lymphome.
La prise en charge d’un prurit isolé sans cause évidente comprend un bilan biologique, une radiographie thoracique et éventuellement une échographie abdominale.
CIM
L29.9 — Prurit, sans précision
Définition
Définition
Le prurit est un signe fonctionnel défini comme une sensation qui provoque le besoin de se gratter.
Il peut être localisé ou généralisé et concerne uniquement la peau et certaines muqueuses ou semi-muqueuses.
Il existe un prurit dit « physiologique », généralement discret, souvent plus marqué le soir ou lors du déshabillage.
Le prurit devient pathologique lorsqu’il entraîne des lésions de grattage.
Facteurs environnementaux pouvant favoriser ou aggraver le prurit
Certaines conditions environnementales peuvent exacerber ou déclencher le prurit, notamment :
Agents irritants ou caustiques
Produits d’hygiène mal rincés, antiseptiques.
Prurit aquagénique
Survient après un contact avec de l’eau, quelle que soit sa température.
Il est important d’éliminer une cause hématologique sous-jacente.
Sécheresse cutanée (xérose)
Fréquente chez les personnes âgées, favorisant le prurit.
Étiologies
Arbre décisionnel diagnostique

Prurit diffus dermatologique ou secondaire à une dermatose sous-jacente
Le prurit peut être observé dans de nombreuses dermatoses, dont les caractéristiques cliniques et/ou histologiques permettent de poser le diagnostic :
Urticaire et dermographisme.
Dermatites de contact (caustiques, irritatives ou allergiques).
Dermatite atopique.
Ectoparasitoses et piqûres d'insectes.
Psoriasis.
Lichen plan.
Pemphigoïde.
Mycosis fongoïde et syndrome de Sézary.
Dermatophytoses.
Mastocytose cutanée.
Prurit diffus sans lésions cutanées spécifiques (prurit sine materia)
Cause | Description |
|---|---|
Cholestase | Prurit intense, souvent révélateur, notamment en cas de cholestase obstructive (cancer des voies biliaires, cancer du pancréas). |
Insuffisance rénale chronique | Prurit fréquent chez les patients hémodialysés, rarement révélateur. |
Hémopathies malignes | Prurit associé aux lymphomes, en particulier à la maladie de Hodgkin, et à la polyglobulie de Vaquez (prurit aquagénique). |
Dysthyroïdies | Prurit souvent observé dans l’hyperthyroïdie (maladie de Basedow) ou l’hypothyroïdie. |
Infections chroniques | Prurit lié à des infections telles que le VIH, le VHB, ou le VHC. |
Carences | Prurit lié à des carences nutritionnelles (fer, vitamines). |
Parasitoses internes | Prurit associé à des parasitoses telles que l’ascaridiose, la toxocarose, ou d’autres nématodoses tropicales. |
Médicaments | Prurit induit par certains médicaments, par des mécanismes pharmacologiques ou allergiques. |
Grossesse | Prurit généralisé, souvent intense, particulièrement en cas de cholestase intra-hépatique de la grossesse. |
Causes psychogènes | Prurit lié à des troubles psychiatriques, tels que l’anxiété, la dépression ou la cancérophobie. |
Prurit localisé
Certaines dermatoses ou parasitoses sont responsables de prurit localisé, au moins au début de leur évolution :
Mycoses :
Candidoses ou dermatophytoses,
Avec prurit associé aux lésions spécifiques.
Ectoparasitoses :
Prurit localisé,
Parfois associé à des lésions non spécifiques.
Piqûres d'insectes :
Prurit saisonnier associé à des lésions urticariennes.
Prurit du cuir chevelu dont les causes principales incluent :
La pédiculose,
L’eczéma de contact,
Le psoriasis,
Et la dermatite séborrhéique.
Prurit psychogène
Le prurit psychogène est un diagnostic d’élimination, souvent associé à des pathologies psychiatriques telles que la dépression ou l’anxiété.
L’efficacité du traitement psychiatrique est un indicateur de l'origine psychogène du prurit.
Tableau des critères diagnostiques d'un prurit psychogène
3 critères obligatoires | 7 critères facultatifs (3 minimum sur 7 requis) |
|---|---|
Prurit sans lésions cutanées localisé ou généralisé | Relation chronologique entre la survenue du prurit et des événements de vie pouvant avoir une répercussion psychique |
Clinique
Interrogatoire
L’interrogatoire doit préciser :
Le caractère localisé ou diffus du prurit.
Sa sévérité, notamment son impact sur le sommeil, l’état général, et les activités quotidiennes.
Les circonstances déclenchantes ou apaisantes.
Les horaires de survenue et l’évolution (aiguë, paroxystique, chronique).
L’existence de signes généraux.
Le métier du patient.
Les prises médicamenteuses récentes et les traitements locaux utilisés.
Le caractère éventuellement collectif du prurit.
Examen clinique
L’examen physique recherche en particulier :
L'importance des lésions de grattage.
Des lésions cutanées spécifiques pouvant orienter vers une dermatose sous-jacente.
Un dermographisme.
La présence d'adénopathies, d'hépatomégalie ou de splénomégalie.
Prise en charge
Examens de 1ère intention
Les examens de 1ère intention devant un prurit sans orientation sont :
NFS, plaquettes
γ-GT, phosphatases alcalines
Créatininémie
TSH
Ferritine
EPP
Sérologies VIH, VHB, VHC
Radiographie du thorax
La biopsie cutanée n'est pas indiquée.
Rappel important
Tout prurit nu et chronique chez un adulte jeune doit faire évoquer un lymphome.
Éliminer gale.
Traitement
Traitement symptomatique
Règles hygiéno-diététiques :
Privilégier les douches courtes, eau tiède,
Savons surgras,
Émollients réguliers.
Antihistaminiques :
Utiles principalement pour les prurits histamino-médiés comme l’urticaire.
Traitements topiques :
Dermocorticoïdes sur les lésions,
Si prurit neuropathique : Capsaïcine.
Traitements systémiques :
Photothérapie UVB,
Gabapentine, prégabaline,
Si prurit insomniant ou psychogène : psychotropes .
Traitement étiologique
Traiter la cause sous-jacente (dermatose, pathologie systémique, neuropathique ou psychogène).
Adapter la prise en charge selon l’origine du prurit et le contexte clinique.
Sources et références
Les liens externes s’ouvrent dans un nouvel onglet.
Pilly étudiants, 2e édition (CMIT - Alinéa plus - 2023)
Collège de dermatologie, 8e édition (EDEF - Elsevier Masson - 2022)
