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Prédiabète

EndocrinologieMis à jour le

Aperçu

Points clés

  • Le prédiabète correspond à une dysglycémie intermédiaire : le risque de diabète augmente, mais l’évolution n’est pas inéluctable.

  • Confirmer le résultat dans des conditions fiables et rechercher un diabète déjà constitué.

  • Privilégier un programme structuré de prévention et corriger les facteurs de risque cardiovasculaire.

  • Une metformine préventive ne se prescrit pas automatiquement ; distinguer recommandations internationales et AMM nationale.

CIM

R73.0 / R73.9 selon l’anomalie documentée

Définition

Critères et périmètre

  • Le prédiabète désigne une hyperglycémie intermédiaire qui augmente le risque de diabète de type 2 et le risque cardiométabolique.
  • Selon l’ADA : HbA1c 5,7–6,4 %, glycémie à jeun 1,00–1,25 g/L ou glycémie à 2 h de l’HGPO 1,40–1,99 g/L.
  • Les seuils diagnostiques varient selon les référentiels ; indiquer dans la fiche et le dossier celui qui est utilisé.

Clinique

Seuils diagnostiques : ne pas mélanger les référentiels

ParamètreZone intermédiaireSeuil de diabète
Glycémie veineuse à jeun, repère OMS1,10 à 1,25 g/L (6,1 à 6,9 mmol/L)≥ 1,26 g/L (7,0 mmol/L), à confirmer si patient asymptomatique.
Glycémie à jeun, repère ADA1,00 à 1,25 g/L (5,6 à 6,9 mmol/L)Même seuil de diabète.
HGPO 75 g, glycémie à deux heures1,40 à 1,99 g/L (7,8 à 11,0 mmol/L)≥ 2,00 g/L (11,1 mmol/L).
HbA1c, repère ADA5,7 à 6,4 % (39 à 47 mmol/mol)≥ 6,5 %, selon conditions diagnostiques et référentiel utilisé.
  • Préciser le référentiel dans le dossier ; en pratique française, la glycémie veineuse à jeun reste un repère central.
  • L’HbA1c peut être trompeuse en cas d’anémie, hémoglobinopathie, transfusion, grossesse ou situation modifiant la durée de vie des hématies.
  • Une mesure capillaire ou un capteur ne suffit pas à poser ce diagnostic.

Signes d’alerte

  • Polyurie-polydipsie, amaigrissement, vomissements, déshydratation ou altération générale : rechercher immédiatement un diabète manifeste, voire une cétose, surtout chez un sujet jeune.
  • Une hyperglycémie pendant la grossesse relève d’un parcours spécifique ; ne pas appliquer ce tableau à la place des critères du diabète gestationnel.

Examens complémentaires

Bilan initial

  • Contrôler la glycémie à jeun, en dehors d’une maladie aiguë et en tenant compte d’une corticothérapie éventuelle.
  • Rechercher antécédents familiaux, diabète gestationnel, surpoids abdominal, HTA, dyslipidémie, SAHOS et médicaments hyperglycémiants.
  • Mesurer poids, IMC, tour de taille et pression artérielle ; compléter par bilan lipidique et examens rénaux/hépatiques selon le risque et les comorbidités.
  • Réserver l’HGPO aux situations où elle précise réellement la classification, notamment résultat discordant ou contexte à risque.
  • En cas de suspicion de diabète atypique, adresser pour exploration orientée ; les autoanticorps ne sont pas un bilan systématique du prédiabète.

Traitement

Prévention et médicaments

InterventionConduite pratique
Accompagnement structuréChez un adulte en surpoids à haut risque : viser une perte pondérale durable d’au moins 5–7 % et une activité modérée d’au moins 150 minutes/semaine, adaptée aux capacités.
Alimentation et habitudesFixer des objectifs sur boissons sucrées, portions, fibres, qualité des aliments et réduction de la sédentarité ; accompagner plutôt que remettre une simple liste d’interdits.
Metformine — Glucophage, génériquesDiscussion individualisée chez les sujets à très haut risque ; ADA 2026 met notamment en avant âge 25–59 ans, IMC ≥ 35, glycémie ≥ 1,10 g/L, HbA1c ≥ 6 % ou antécédent de diabète gestationnel.
Si metformine retenue dans un cadre appropriéVérifier AMM locale et DFG, informer si hors AMM ; début bas avec un repas, titration progressive selon tolérance et protocole retenu, sans ordonnance préventive automatique.
Surveillance sous metformineTroubles digestifs, fonction rénale, situations de déshydratation/hypoxie ; considérer vitamine B12 au long cours, surtout si anémie ou neuropathie.
  • Ne pas prescrire une insuline, un sulfamide ou une autosurveillance glycémique systématique pour un prédiabète isolé.
  • Traiter une obésité, une HTA ou une dyslipidémie selon leurs propres indications ; ne pas attendre le diabète pour agir.

Suivi

Suivi

  • Réévaluer les objectifs et difficultés après environ trois mois ; ajuster le soutien proposé.
  • Contrôler la glycémie au moins annuellement, plus tôt si les résultats sont proches du seuil de diabète, si symptômes ou aggravation des facteurs de risque.
  • Documenter poids, activité, pression artérielle et risque cardiovasculaire ; adapter l’intensité de prévention à l’âge, à la fragilité et aux préférences.
  • En cas de normalisation, maintenir un suivi proportionné au risque et valoriser les changements durables.

Abréviations

Repères

  • ADA : American Diabetes Association
  • DT2 : diabète de type 2
  • HbA1c : hémoglobine glyquée
  • HGPO : hyperglycémie provoquée par voie orale
  • IMC : indice de masse corporelle.

Sources et références

Les liens externes s’ouvrent dans un nouvel onglet.