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Obésité de l’adulte

EndocrinologieMis à jour le

Aperçu

Points clés

  • L’obésité est une maladie chronique ; définir avec le patient des objectifs de santé et de qualité de vie, sans stigmatisation.

  • Associer IMC, tour de taille, trajectoire pondérale, retentissement fonctionnel et complications pour guider les soins.

  • La prise en charge nutritionnelle, l’activité physique et le soutien psychologique constituent le socle du traitement.

  • Les médicaments et la chirurgie s’intègrent à un parcours prolongé ; cette fiche complète le guide C4C consacré à la chirurgie bariatrique.

CIM

E66.9, à préciser selon l’étiologie et les complications

Diagnostic et évaluation initiale

IMC adulte, kg/m² Repère
25 à < 30 Surpoids
30 à < 35 Obésité de classe I
35 à < 40 Obésité de classe II
≥ 40 Obésité de classe III
  • Demander l’accord pour aborder le poids ; rechercher facteurs familiaux, variations de poids, régimes répétés, précarité, horaires de travail, sommeil et sédentarité.
  • Évaluer faim, satiété, grignotage, hyperphagie boulimique et restriction alimentaire ; rechercher anxiété, dépression et conduites addictives.
  • Revoir les médicaments favorisant une prise de poids, notamment certains psychotropes, corticoïdes et traitements du diabète.
  • Rechercher diabète, HTA, dyslipidémie, SAHOS, MASLD, arthrose, reflux, incontinence, troubles de fertilité et limitation des activités.
  • Une prise de poids rapide inhabituelle, un syndrome œdémateux ou des signes endocriniens orientent vers une cause spécifique.

Bilan et orientation

  • Mesurer poids, taille, tour de taille et pression artérielle ; apprécier mobilité, douleurs, force musculaire et retentissement respiratoire.
  • Bilan usuel orienté : glycémie à jeun ou HbA1c selon contexte, profil lipidique, ALAT/ASAT, créatinine/DFG ; compléter selon les comorbidités.
  • Pas de dosage systématique du cortisol ou de l’insuline ; la TSH et les explorations endocriniennes dépendent des signes d’appel.
  • Adresser à une équipe spécialisée si complications importantes, trouble alimentaire sévère, échec d’un accompagnement structuré ou situation très complexe.
  • Évaluer rapidement dyspnée/hypoxémie, décompensation métabolique, trouble psychiatrique grave ou dénutrition malgré un IMC élevé.

Accompagnement nutritionnel et activité physique

  • Construire quelques objectifs réalisables : boissons non sucrées, aliments peu transformés, fibres, repas réguliers et adaptation des portions aux sensations alimentaires.
  • Éviter les régimes très restrictifs non encadrés ; proposer un diététicien et une éducation thérapeutique.
  • Augmenter progressivement l’activité en tenant compte des douleurs et des capacités ; associer endurance, renforcement et réduction du temps assis.
  • Préserver la masse musculaire par des apports protéiques adaptés et une activité de renforcement, particulièrement chez la personne âgée.
  • Réévaluer l’évolution fonctionnelle et métabolique même si la baisse de poids est limitée.

Médicaments : repères pratiques actualisés

DCI / classe / nom commercial Schéma injectable chez l’adulte Points à vérifier
Sémaglutide / agoniste GLP-1 / Wegovy 0,25 mg SC une fois par semaine, puis 0,5 ; 1 ; 1,7 ; 2,4 mg, avec au moins quatre semaines à chaque palier. Le RCP européen 2026 permet 7,2 mg/semaine chez certains adultes ayant un IMC initial ≥ 30, après au moins quatre semaines à 2,4 mg ; décision individualisée, présentation et disponibilité nationales à vérifier.
Tirzépatide / agoniste GIP–GLP-1 / Mounjaro 2,5 mg SC/semaine pendant quatre semaines, puis 5 mg ; augmentations éventuelles de 2,5 mg espacées d’au moins quatre semaines ; maximum 15 mg/semaine. Doses d’entretien : 5, 10 ou 15 mg/semaine selon réponse et tolérance ; 2,5 mg est une dose d’initiation.
  • Les indications européennes de contrôle pondéral concernent un IMC ≥ 30, ou ≥ 27 avec au moins une complication liée au poids, en complément de l’accompagnement nutritionnel et de l’activité physique.
  • Distinguer AMM européenne, recommandations de prise en charge et conditions nationales de prescription/remboursement ; ne pas extrapoler la disponibilité d’une nouvelle présentation.
  • Ne pas associer ces traitements entre eux ni à un autre agoniste GLP-1 ; vérifier les autres antidiabétiques pour limiter les hypoglycémies.
  • Informer sur nausées, vomissements, constipation et déshydratation ; ralentir la titration si nécessaire et réévaluer devant douleur abdominale intense persistante.
  • Grossesse ou projet de grossesse : ne pas initier ; anticiper l’arrêt selon le RCP de la molécule et assurer une contraception adaptée.
  • Prévenir l’équipe d’anesthésie avant une intervention, en raison du ralentissement de la vidange gastrique.

Suivi

  • Prévoir des consultations rapprochées lors de l’introduction ou de la titration, puis adapter le rythme à la complexité.
  • Contrôler poids, tour de taille, tolérance, comportement alimentaire, hydratation, force/mobilité et évolution des complications.
  • Adapter les traitements antihypertenseurs et antidiabétiques si les besoins diminuent.
  • Discuter la poursuite en fonction du bénéfice clinique, de la tolérance et des préférences ; anticiper le risque de reprise pondérale après arrêt.
  • En cas de projet chirurgical, organiser une évaluation pluriprofessionnelle et le suivi nutritionnel à vie prévu dans le guide dédié.

Sources et références

Les liens externes s’ouvrent dans un nouvel onglet.