Aperçu
Points clés
Définition :
Hypokaliémie = kaliémie < 3,5 mmol/L ;
Sévère si < 2,5 mmol/L ou avec signes ECG.
Étiologies : Déficit d’apport, transfert intracellulaire/ extracellulaire, pertes rénales ou digestives.
Signes cliniques : Neuromusculaires (faiblesse musculaire, paralysie, iléus) ; cardiaques (allongement QT, torsades de pointe).
Examens complémentaires : Confirmation biologique, ECG, kaliurèse.
Prise en charge : Supplémentation en potassium (orale ou IV), correction des causes et cofacteurs (hypomagnésémie).
CIM
E87.6 — Hypokaliémie
Arbre diagnostique

Clinique
Signes neuromusculaires
Faiblesse musculaire, crampes, myalgies.
Paralysie ascendante pouvant atteindre le diaphragme.
Iléus paralytique ou constipation (atteinte des muscles lisses).
Signes cardiaques
ECG :
Diminution/amplitude négative des ondes T.
Sous-décalage ST, augmentation des ondes U.
Allongement QT, troubles du rythme supraventriculaires ou ventriculaires (extrasystoles, torsades de pointe, fibrillation ventriculaire).
Facteurs aggravants
Bradycardie, hypercalcémie, hypomagnésémie.
Étiologies
Éliminer une étiologie évidente
Insuline,
Stimulation β2 adrénergique ou traitement par β2-agonistes,
Alcalose,
Iatrogénie.
Mécanismes principaux
Déficit d’apport :
Anorexie mentale, apport alimentaire < 3 g/j (rare isolément).
Transfert intracellulaire → extracellulaire :
Alcalose métabolique/respiratoire.
Insuline ou excès β-adrénergique (salbutamol, adrénaline).
Stimulation hématopoïétique rapide (EPO, correction anémie).
Pertes rénales ou digestives :
Digestives : Diarrhée aiguë/chronique, vomissements, aspiration gastrique.
Rénales : Diurétiques de l’anse/thiazidiques, hyperaldostéronisme (primaire/secondaire), tubulopathies (syndromes de Bartter, Gitelman), polyuries osmotiques, hypomagnésémie.
Causes fréquentes | Causes plus rares | |
|---|---|---|
Carence d'apport |
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Transfert intracellulaire |
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Excès de pertes |
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En pratique
Hypokaliémie + HTA : Rechercher un hyperminéralocorticisme (hyperaldostéronisme, hypercorticisme).
Hypomagnésémie : Favorise une fuite urinaire de potassium et complique la correction.
Examens complémentaires
Les examens complémentaires nécessaires sont :
ECG systématique
Identifier les anomalies caractéristiques : ondes U, allongement QT, troubles du rythme.
Kaliurèse
Kaliurèse basse (< 20 mmol/L) : Perte extrarénale (digestive).
Kaliurèse élevée (≥ 40 mmol/L) : Fuite rénale.
Prise en charge au cabinet
Kaliémie < 3 mmol/L et/ou signes ECG
Adresser aux urgences.
Kaliémie > 3 mmol/L sans signes ECG
Traitement étiologique :
Arrêt des médicaments hypokaliémiants.
Correction des pertes digestives (diarrhées, vomissements).
Traitement symptomatique :
Conseil alimentaire : aliments riches en potassium (fruits secs, légumes, viandes, chocolat).
Sels de potassium, par exemple:
Chlorure de potassium (Diffu-K®, 600 mg par gélules) 600–1200 mg 3x/j,
Chlorure de potassium (Kaléorid LP® 1000, 1000 mg par gélule) 1000 mg 3x/j,
La supplémentation orale peut atteindre 12 g par jour dans certains cas.
Surveillance rapprochée de la kaliémie jusqu'à normalisation.
Être particulièrement vigilant si :
Insuffisance rénale associée,
Traitement concomitant par épargneurs potassiques, IEC ou ARA2, ciclosporine ou tacrolimus.
Prise en charge aux urgences
Supplémentation intraveineuse
Indications :
Hypokaliémie sévère (< 2,5 mmol/L).
Présence de signes ECG.
Apport oral impossible (jeûne, malabsorption).
Produit utilisé :
Chlorure de potassium sous forme d’ampoules concentrées à 10% (10 mL = 1 g ; 20 mL = 2 g).
Précautions d’administration :
Débit maximal : 1 g/heure.
Dilution recommandée :
4 g/L dans du soluté glucosé 5% ou du chlorure de sodium 0,9%.
Administration sur voie veineuse périphérique.
Alternatives pour limiter le volume :
Seringue électrique : 3 g dans 50 mL, débit ≤ 1 g/heure.
Si perfusion périphérique douloureuse : envisager une voie veineuse centrale.
Contre-indication : Bolus intraveineux (risque d’arrêt cardiaque irréversible).
Cas particuliers
Torsades de pointes associées :
Sulfate de magnésium IV : stabilisateur membranaire des cardiocytes.
Bradycardie associée :
Accélération du rythme par isoprénaline.
Points clés
Adapter la voie d’administration et la concentration selon la gravité.
Respecter les limites de débit pour éviter la veinotoxicité et les complications cardiaques.
Associer la correction de l’hypomagnésémie si nécessaire.
Sources et références
Les liens externes s’ouvrent dans un nouvel onglet.
Collège de Médecine Intensive, réanimation, urgences et défaillances viscérales aiguës, 8ème édition (CEMIR - 2024)
Collège d’Endocrinologie, diabétologie et maladies métaboliques, 6ème édition (CEEDMM - 2024)
