Aperçu

Points clés
Évaluer et traiter simultanément :
Comportement, respiration, coloration, SpO₂ et entrée d’air.
Ne pas attendre les examens complémentaires.
Urgence vitale, même si les sifflements diminuent :
Silence auscultatoire,
Épuisement,
Cyanose,
Ou troubles de conscience.
Salbutamol inhalé en première intention,
Avec chambre d’inhalation pour les crises non graves ;
Commencer immédiatement en attendant les secours si crise grave.
Corticoïdes oraux précoces si :
Crise grave,
Facteurs de risque d’asthme aigu grave,
Ou réponse insuffisante à la première heure.
Toute exacerbation impose de revoir le traitement de fond, la technique d’inhalation et le plan d’action, puis d’organiser un contrôle précoce.
CIM
J45.0 : asthme à prédominance allergique ; J45.1 : asthme non allergique ; J45.8 : asthme associé (mixte) ; J45.9 : asthme sans précision. J46 : état de mal asthmatique / asthme aigu grave documenté, pas toute crise.
Définition
Aggravation aiguë ou progressive de la dyspnée, habituellement expiratoire, avec obstruction bronchique, toux et/ou sifflements.
Facteurs déclenchants fréquents : infection virale, exposition allergénique, fumées et insuffisance du traitement de fond.
Ne pas attendre une durée minimale d’évolution pour intervenir.
Clinique
Évaluation dès l’arrivée
Observer en moins de 30 secondes : comportement, travail respiratoire, coloration.
Évaluer ensuite :
liberté des voies aériennes ;
fréquence respiratoire, tirage et ampliation thoracique ;
SpO₂, fréquence cardiaque, perfusion périphérique et pression artérielle ;
vigilance, capacité à parler et à boire.
Préciser les doses et horaires des bronchodilatateurs déjà administrés.
Rechercher une anaphylaxie si début brutal après exposition avec manifestations associées : adrénaline IM prioritaire selon le protocole dédié.
Classification française — enfant de 6–12 ans
Critère | Crise non grave | Crise grave | Asthme aigu grave : menace vitale |
|---|---|---|---|
État général et parole | État général conservé | Fatigue, refus de marcher, difficulté à parler | Épuisement, parole très limitée, troubles de conscience |
Respiration | FR 16–30/min, sans lutte importante | FR > 30/min, muscles accessoires sollicités | Lutte intense puis faible ampliation ; bradypnée possible |
Entrée d’air | Conservée | Murmure vésiculaire diminué | Très faible ou absent : silence auscultatoire |
SpO₂ en air ambiant | ≥ 95 % | < 95 % | ≤ 90 % ou cyanose |
PRAM | ≤ 3 | ≥ 4 | ≥ 8, avec évaluation clinique de la menace vitale |
Dans cette classification, un critère de gravité suffit ; « crise grave » ne signifie pas systématiquement défaillance respiratoire imminente.
Une tachycardie peut traduire la gravité, mais aussi l’effet du salbutamol : l’interpréter avec l’ensemble de l’examen.
La disparition des sifflements n’est rassurante que si l’entrée d’air et l’état clinique s’améliorent.
Score PRAM
Score de 0 à 12, fondé sur :
SpO₂ ;
tirage sus-sternal ;
sollicitation des muscles accessoires du cou ;
entrée d’air ;
sibilants.
Le répéter avec les mêmes critères pour apprécier la réponse au traitement.
Un PRAM ≥ 4 persistant nécessite de maintenir ou d’intensifier le traitement et la surveillance.
Facteurs abaissant le seuil d’orientation hospitalière
Antécédent de réanimation ou d’intubation.
Hospitalisations ou passages répétés aux urgences.
Mauvais contrôle préalable, traitement insuffisant ou mauvaise observance.
Allergie alimentaire connue.
Difficultés familiales à administrer le traitement ou à accéder aux soins.
Examens complémentaires
Mesures utiles et examens ciblés
Aucun examen systématique dans une crise typique non grave répondant au traitement.
Radiographie thoracique : asthme aigu grave, mauvaise réponse ou suspicion de pneumonie, pneumothorax ou corps étranger.
Gaz du sang veineux ou capillaire : forme grave ou résistante ; une capnie non abaissée malgré une détresse persistante, a fortiori élevée, doit alerter.
Kaliémie ± glycémie et lactates : bronchodilatateurs répétés à fortes doses, nébulisation continue, voie IV ou suspicion de toxicité.
Ne pas retarder les soins pour obtenir une radiographie, un prélèvement ou un DEP.
Traitement
Mesures générales
Laisser l’enfant dans la position où il respire le mieux et limiter les manipulations inutiles.
Crise grave : organiser une évaluation aux urgences pédiatriques.
Asthme aigu grave : appeler immédiatement le 112 — ou le 15 en France — et commencer le traitement pendant l’attente.
Proposer à boire si l’état respiratoire le permet ; une hydratation IV relève des formes graves prises en charge à l’hôpital.
Salbutamol — protocole SP2A/SFP chez les 6–12 ans
Doses pour un aérosol-doseur à 100 µg par bouffée. Les administrations rapprochées ci-dessous concernent la prise en charge médicalisée initiale.
Situation | Traitement initial | Répétition et orientation |
|---|---|---|
Crise non grave | 4 bouffées avec chambre d’inhalation | Réévaluer ; répéter après 20 minutes si nécessaire. |
Crise grave en extrahospitalier | 10 à 15 bouffées avec chambre | Répétition possible après 20 minutes, pendant l’organisation du transfert et sous surveillance. |
Crise grave : nébulisation dès que disponible | 2,5 mg si poids ≤ 15 kg ; 5 mg si poids > 15 kg | 3 nébulisations pendant la première heure, sous surveillance et avec oxygène selon les besoins. |
Asthme aigu grave ou échec | Nébulisation continue et traitements de recours | Milieu hospitalier spécialisé ; pas de poursuite de ce schéma à domicile. |
La chambre d’inhalation est aussi efficace que la nébulisation dans les crises non graves.
Administrer une bouffée à la fois, inhalée avant la suivante ; masque étanche ou embout selon les capacités de l’enfant.
Prescrire les solutions de nébulisation en mg, en vérifiant la concentration et le volume de la présentation utilisée.
Corticothérapie systémique
D’emblée si crise grave.
Si crise non grave :
d’emblée en présence de facteurs de risque d’asthme aigu grave ;
ou si réponse insuffisante à H1.
Donner la première dose précocement : l’effet n’apparaît qu’après plusieurs heures.
Voie orale privilégiée, aussi efficace que la voie IV lorsqu’elle est possible.
Poids — enfant de 6–12 ans | Prednisone ou prednisolone, protocole SP2A/SFP |
|---|---|
≤ 20 kg | 20 mg une fois par jour pendant 3 jours |
> 20 kg | 40 mg une fois par jour pendant 3 jours |
Première dose dès la prise en charge, puis habituellement le matin.
Prolongation éventuelle après réévaluation, notamment après hospitalisation ; ne pas la rendre systématique.
Autre schéma GINA 2026 : prednisolone 1–2 mg/kg/j, maximum 40 mg/j, pendant 3–5 jours. Choisir un protocole cohérent, sans cumuler les schémas.
Oxygénothérapie
SP2A/SFP : débuter si SpO₂ ≤ 94 %.
Adapter le dispositif et le débit à l’hypoxémie et à la tolérance ; surveiller la saturation.
GINA 2026, à partir de 6 ans : cible sous oxygène de 92–95 %. Distinguer le seuil de gravité du protocole français de la cible d’oxygénothérapie ; ne pas rechercher systématiquement 100 %. Global Initiative for Asthma - GINA
Ipratropium
Aux urgences, en association au salbutamol :
d’emblée en cas d’asthme aigu grave ;
ou si crise grave insuffisamment améliorée à H1.
Trois nébulisations successives :
poids < 30 kg : 0,25 mg par nébulisation ;
poids ≥ 30 kg : 0,50 mg par nébulisation.
Pas d’utilisation isolée ni de poursuite systématique après la phase initiale hospitalière.
Traitements de recours hospitaliers
Sulfate de magnésium IV si forme grave résistante au traitement initial :
50 mg/kg, maximum 2 g, sur 20 minutes ;
monitorage cardiorespiratoire ;
avis de soins intensifs pédiatriques et surveillance hospitalière prolongée.
Salbutamol IV et assistance ventilatoire : décisions de réanimation.
L’intubation est exceptionnelle et à haut risque ; elle nécessite une équipe expérimentée.
À éviter
Antibiotiques sans argument pour une infection bactérienne.
Sédatifs.
Augmentation répétée des doses de salbutamol sans réévaluer une tachypnée persistante : penser aussi à une hyperlactatémie induite par les β₂-agonistes.
Augmentation empirique des CSI pour « couper la crise » : elle ne remplace pas le bronchodilatateur ni la corticothérapie systémique lorsqu’elle est indiquée.
Suivi
Réévaluation et décision d’orientation
Pendant les premières heures
Réévaluer après les traitements, à H1 puis entre H2 et H4 :
comportement et capacité à parler/boire ;
tirage, FR et entrée d’air ;
SpO₂ ;
PRAM.
Absence d’amélioration, PRAM ≥ 4 persistant ou aggravation : poursuivre la prise en charge hospitalière.
Ne pas attendre H1 si l’enfant s’aggrave.
Retour à domicile
Absence de signe de gravité.
PRAM ≤ 3.
Amélioration durable, sans besoin d’oxygène.
Capacité à boire et entourage capable d’administrer le traitement.
La fiche SFP retient au moins 1 heure de stabilité ; un asthme aigu grave initial nécessite une observation plus prolongée malgré une amélioration. Royal Children's Hospital
Traitement de sortie et suivi
Avant la sortie
Prescrire le traitement de secours avec un schéma écrit et une chambre adaptée.
Terminer la courte cure de corticoïdes si elle a été débutée.
Introduire un CSI quotidien après une crise grave ou en cas de mauvais contrôle préalable, sans attendre le pneumopédiatre.
Le document français propose une prescription initiale du traitement de fond pour au moins 3 mois, avec réévaluation.
Faire montrer la technique et remettre un plan distinguant clairement entretien, secours et recours aux urgences.
Salbutamol après la sortie : différence entre les sources
Texte SFP fourni : 2–4 bouffées, 4 fois/j pendant au moins 7 jours, à adapter à l’évolution.
GINA 2026 : après stabilisation, secours à la demande et non systématiquement. Pour cette actualisation, ne pas maintenir automatiquement quatre prises quotidiennes pendant une semaine chez un enfant devenu asymptomatique ; réévaluer tout besoin rapproché persistant.
Suivi
Contrôle dans les 2–5 jours selon GINA 2026, plus tôt si évolution défavorable ; le texte SFP prévoit une consultation dans les 7 jours.
Évaluation globale de l’asthme à 1–2 mois : contrôle, observance, technique, expositions et traitement de fond.
Après crise grave : suivi pneumopédiatrique recommandé.
Le texte français préconise, après crise grave, au moins 24 heures de repos à domicile et 7 jours sans sport, puis reprise selon récupération. Texte collé.txtTXT
Avant 6 ans : adaptations indispensables
Ne pas extrapoler automatiquement les seuils de FR/FC ni les doses fixes de corticoïdes du protocole 6–12 ans.
Utiliser un aérosol-doseur avec chambre et masque étanche si l’enfant ne maîtrise pas l’embout.
Avant 12 mois, un premier épisode sifflant évoque souvent une bronchiolite, dont le traitement diffère.
Pas de corticothérapie orale systématique pour chaque épisode de sifflements viraux : décision médicale selon gravité, antécédents et réponse.
Seuil bas d’évaluation pédiatrique si difficultés alimentaires, déshydratation, hypoxémie, épuisement ou réponse insuffisante.
Abréviations
Repères
| Abréviation | Signification |
|---|---|
| BACA / SABA | Bêta2-agoniste de courte durée d’action |
| CSI / CSO | Corticoïde inhalé / oral |
| DEP | Débit expiratoire de pointe |
| IM / IV | Intramusculaire / intraveineux |
| PAI | Projet d’accueil individualisé |
| PRAM | Pediatric Respiratory Assessment Measure |
| SpO₂ | Saturation pulsée en oxygène |
Sources et références
Les liens externes s’ouvrent dans un nouvel onglet.
GINA — Global Strategy for Asthma Management and Prevention, 2026 — Rapport intégral 2026 consulté. Adultes/adolescents et 6–11 ans : diagnostic, traitements et exacerbations ; chapitres 10–12 : enfants de 5 ans et moins. Les schémas sont reformulés, non reproduits.
GINA — Summary Guide 2026 — Guide de juillet 2026 : tableaux par âge et palier, AIR/MART, prise en charge des exacerbations à partir de 6 ans.
Société canadienne de pédiatrie — Managing an acute asthma exacerbation in children, 2021 — Évaluation clinique et PRAM, critères d’hospitalisation et de sortie. Les doses retenues ci-dessous sont celles de GINA 2026, sauf mention contraire.
SP2A — Prise en charge de l’asthme de l’enfant de 6 à 12 ans, 2024 — Recommandations françaises de pneumologie et allergologie pédiatriques. Diagnostic, bilan allergologique, dispositifs, suivi ; divergences avec GINA signalées.
GuidelineCare — Crise d’asthme de l’enfant — Accès professionnel confirmé ; modèle de traitement et références consultés. Mise à jour affichée du 2 avril 2026 ; références historiques, notamment GINA 2019, actualisées ici.
OrdoType — Asthme : exacerbation — Fiche professionnelle consultée avec accès authentifié. Les seuils, doses et modalités d’oxygénation de la présente fiche suivent le référentiel explicitement indiqué, et non l’ensemble des schémas plus anciens de cette source.
RecoMédicales — Asthme de l’adulte et de l’enfant de plus de 6 ans — Texte et captures transmis par l’utilisatrice ; mise à jour affichée : 12 octobre 2025. Source de structuration pratique et du répertoire thérapeutique ; données confrontées aux recommandations 2026 et aux RCP, sans reprise automatique des anciennes posologies.
RCP français — Flixotide 50 µg/dose — Posologies et dispositifs chez l’enfant ; surveillance de la croissance et effets indésirables des CSI.
RCP français — Symbicort Turbuhaler 100/6 — Entretien possible à partir de 6 ans. Le schéma entretien + secours n’est pas recommandé par ce RCP avant 12 ans.
Société française de pédiatrie — Crise d’asthme chez l’enfant de 6 à 12 ans — Référence française complémentaire consultée ; les changements GINA 2026 sont explicitement signalés, notamment pour l’oxygénation.
