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Épicondylite

Médecine du SportMis à jour le

Aperçu

Points clés

  • Les épicondylites donnent une douleur localisée :

    • À l’épicondyle latéral (le plus fréquent, “tennis elbow”)

    • Ou médial (“golfer’s elbow”), avec baisse de force de préhension.

  • Le diagnostic est clinique :

    • Amplitudes du coude conservées, douleur reproduite par tests contre résistance (poignet).

  • Aucun examen si forme typique et évolution favorable.

  • L’évolution est spontanément favorable dans ~90% des cas en 12–24 mois.

  • La prise en charge repose surtout sur : identifier + corriger le geste/matériel + mesures antalgiques + kinésithérapie ; pas d’infiltration corticoïde en première intention (bénéfice court terme, moins bon à long terme).

CIM

M77.1 — Épicondylite

Définition

Définition

  • Douleur d’enthèse/tendon à l’insertion des muscles :

    • Latérale : insertion des extenseurs du poignet/doigts sur l’épicondyle latéral.

    • Médiale : insertion des fléchisseurs-pronateurs sur l’épicondyle médial (ancienne “épitrochléite”).

Fréquence

  • Épicondylalgies : 1 à 3% en population générale ; jusqu’à ~15% dans certaines activités à risque (sport/profession).

  • La forme latérale est la plus fréquente ; la médiale est plus rare (ordre de grandeur ~0,4% dans le texte).

Physiopathologie et facteurs favorisants

  • Souvent liée à :

    • mouvements répétés (extension du poignet/doigts, pronosupination) pour la forme latérale,

    • efforts en flexion/supination ou ports de charge pour la forme médiale,

    • vibrations répétées,

    • parfois début brutal (choc, mouvement brusque) possible.

  • Facteurs favorisants :

    • changement récent : matériel, technique, volume d’entraînement, gestes professionnels.

    • hyperlaxité (mentionnée comme facteur de risque).

Clinique

Interrogatoire

  • Douleur :

    • début souvent progressif (mais possible brutal),

    • localisée à l’épicondyle (distal de l’humérus, au-dessus de l’articulation),

    • majorée quand le patient agrippe un objet bras en extension.

  • Diminution de la force de préhension.

  • Recherche systématique :

    • geste responsable : tennis/golf/sports de frappe ou lancer, jardinage, bricolage, clavier, métiers manuels (bâtiment, agriculture/paysagisme, etc.),

    • changement récent (matériel/technique/poste).

Examen physique

  • Amplitudes du coude normales (point important).

  • Épicondylite latérale (tennis elbow) :

    • douleur face externe du coude provoquée par résistance à l’extension du poignet,

    • épicondyle sensible à la palpation,

    • douleurs à la mise en tension des extenseurs (port de charge en pronation typique).

  • Épicondylite médiale :

    • douleur face interne provoquée par résistance à la flexion du poignet et/ou à la pronation,

    • douleur à la palpation de la face antérieure de l’épicondyle médial.

Diagnostics différentiels

À évoquer si atypie, absence de facteur causal, douleurs nocturnes, signes neuro, raideur, épanchement, signes généraux…

  • Rhumatisme à apatite (calcifications), surtout si douleurs nocturnes/insomniantes + microcalcifications.

  • Syndromes canalaires :

    • latéral : compression au niveau de l’arcade de Fröhse (nerf interosseux postérieur, rare) : douleur plutôt sous la tête radiale + possible gêne motrice.

    • médial : nerf ulnaire (canal cubital) : paresthésies 4e–5e doigts, déclenchées par flexion du coude ; signes moteurs = gravité.

  • Arthrose du coude (souvent douleur plus globale, possible prédominance huméro-radiale postéro-latérale).

  • Douleurs projetées : cervicalgie radiculaire (C6 latéral, C8–T1 médial), pathologie d’épaule.

  • Formes associées (trompeuses) : examiner articulations de voisinage.

Examens Complémentaires

  • Aucun si forme typique + évolution favorable.

  • Échographie-Doppler si :

    • forme suraiguë (recherche rupture partielle),

    • forme chronique,

    • contexte médico-légal.

  • IRM du coude en 2e intention : chronique, diagnostic difficile, bilan pré-chirurgical.

  • En cas de doute diagnostique ou forme traînante : une radio peut aider à éliminer arthrose/calcifications/ostéochondrite… (utile surtout dans les différentiels).

Traitement

Généralités

  • Pas de consensus ; nombreux protocoles, efficacité variable.

  • Message pratique : corriger la cause (geste/matériel) + progressivité de la reprise.

  • Évolution souvent longue : un tendon met 6 à 18 mois à cicatriser (idée importante pour l’adhésion).

Phase aiguë

  • Repos relatif ciblé :

    • éviter de soulever, d’agripper,

    • arrêter / réduire l’activité responsable au début.

  • Glace.

  • Antalgie : paracétamol ; AINS topiques ou oraux ± IPP selon terrain.

  • Kinésithérapie (souvent antalgique au départ puis renforcement progressif + correction du geste).

  • ± Coudière / manchette de contre-appui (peut aider certains patients, efficacité non constante).

  • Pas d’injection de glucocorticoïdes en première intention :

    • bénéfice surtout à court terme,

    • possible effet délétère à long terme (courbe en “U” décrite dans le texte).

  • Si absence d’amélioration ou doute diagnostic : avis spécialisé.

Symptômes prolongés / chronicisation

  • Adapter l’entraînement ou le poste de travail (fréquence, intensité, gestes, pauses, ergonomie, matériel).

  • Kinésithérapie : rééducation à l’effort progressive, travail excentrique/renforcement, correction technique.

  • ± manchette/coudière.

    ➡️ Si échec : avis spécialisé (discussion d’imagerie, options de 2e ligne).

Options souvent discutées (à connaître, sans les sur-vendre)

  • Attelles : efficacité non clairement démontrée.

  • Ondes de choc, laser, toxine botulinique, prolothérapie : résultats inconstants/décevants dans le texte.

  • PRP : piste “régénérative”, preuves encore hétérogènes.

  • Chirurgie (exceptionnelle) : à réserver aux formes rebelles ; résultats variables (le texte évoque des résultats ne dépassant pas ~50% selon techniques).

Maladie professionnelle (France)

  • Critères (texte) :

    • Régime général : tableau 57 ; régime agricole : tableau 39

    • délai de prise en charge : 14 jours

    • travaux : mouvements répétés de préhension/extension de la main sur l’avant-bras ou pronosupination.

  • Déclaration : AmeliPro ou formulaire papier.

  • Adaptation du poste : médecine du travail.

  • Prévoir visite de pré-reprise si arrêt prolongé.

Suivi

Suivi et critères de réévaluation

Revoir plus tôt / adresser si :

  • Douleur persistante malgré adaptation + traitement bien conduit,

  • Suspicion rupture partielle (suraigu) →:

    • écho-Doppler,

  • Signes neurologiques (ulnaire : 4e–5e doigts, faiblesse interosseux/adducteur du pouce),

  • Raideur, fièvre, douleur inflammatoire importante, doute diagnostique,

  • Contexte médico-légal.