Aperçu

Points clés
Une douleur testiculaire aiguë impose de rechercher immédiatement une torsion du cordon spermatique.
Si la torsion est probable ou ne peut pas être raisonnablement écartée:
Appeler l’urologue ou le chirurgien sans attendre les examens.
L’objectif est une prise en charge dans les 1ères heures ;
une consultation > 6 heures reste une urgence et ne signifie pas que le testicule est irrécupérable.
Ne suffisent pas à exclure une torsion :
Un flux Doppler conservé,
Une bandelette urinaire anormale,
Ou une amélioration de la douleur.
Une douleur inguinale ou abdominale chez un garçon impose de vérifier la présence et l’aspect des 2 testicules.
Devant une orchi-épididymite :
Prélever les urines et rechercher une IST selon les expositions, sans décider de l’étiologie sur le seul âge.
Toute masse intratesticulaire ou induration persistante nécessite une échographie et un avis urologique rapide.
Programmer une réévaluation de l’orchi-épididymite à 48–72 heures ;
L'aggravation impose une réévaluation immédiate.
CIM
N50.8 — douleur testiculaire sans cause identifiée : autre affection précisée des organes génitaux de l’homme.
N44 — torsion du testicule ou de ses annexes.
N45.9 — orchite ou épididymite sans abcès.
N45.0 — orchite ou épididymite avec abcès.
N49.2 — affection inflammatoire du scrotum, dont gangrène de Fournier scrotale.
A54.2 — infection génito-urinaire gonococcique avec orchi-épididymite.
A56.1 — infection génito-urinaire à Chlamydia avec orchi-épididymite.
C62.9 — tumeur maligne du testicule, siège non précisé ; uniquement si cancer établi.
I86.1 — varicocèle.
N43.3 — hydrocèle non précisée.
Définition
Définition
La douleur testiculaire peut provenir du testicule, de l’épididyme, du cordon, des enveloppes scrotales ou d’une douleur projetée.
La bourse aiguë associe une douleur récente, avec ou sans gonflement et rougeur ; elle exige d’abord d’écarter une cause chirurgicale.
Une douleur persistante ou récidivante depuis plus de trois mois relève d’une évaluation de douleur scrotale chronique, après exclusion d’une infection, d’une tumeur et d’une anomalie structurelle.
Cette fiche couvre le triage de l’adulte et de l’enfant ; les schémas antibiotiques chiffrés concernent l’adulte.
Clinique
Signes d’alerte et orientation
Tableau | Conduite immédiate |
|---|---|
Douleur brutale, testicule haut ou horizontal, vomissements, cordon épaissi ; examen douteux | Suspicion de torsion : appel chirurgical immédiat. Une présentation incomplète ne rassure pas. |
Douleur périnéoscrotale intense ou disproportionnée, extension rapide, altération générale, bulles, nécrose ou crépitations | Suspecter une gangrène de Fournier. Urgence médicochirurgicale ; ne pas attendre la nécrose cutanée. |
Masse inguinoscrotale irréductible et douloureuse, vomissements ou occlusion | Hernie étranglée ou incarcérée : urgence chirurgicale. |
Sepsis, douleur incontrôlée, vomissements empêchant le traitement, abcès ou ischémie suspectés | Évaluation hospitalière. Seuil d’orientation abaissé en cas d’immunodépression ou de testicule unique. |
Traumatisme avec gonflement important, hématocèle, plaie ou testicule difficile à examiner | Avis urologique urgent et Doppler. Un traumatisme peut aussi déclencher une torsion. |
Interrogatoire ciblé
Noter l’heure exacte de début, le côté, l’installation brutale ou progressive, l’intensité et l’irradiation vers l’aine, l’abdomen ou le flanc.
Rechercher des épisodes similaires spontanément résolutifs :
ils évoquent une torsion intermittente, même si l’examen est redevenu normal.
Rechercher fièvre, frissons, nausées, vomissements, dysurie, brûlures mictionnelles, hématurie et écoulement urétral.
Interroger confidentiellement sur les partenaires, les pratiques sexuelles, la protection et une IST récente ;
les rapports anaux insertifs exposent aussi aux bactéries entériques.
Préciser cryptorchidie, orchidopexie, testicule unique, hernie, vasectomie, chirurgie inguinale, sondage ou instrumentation récente.
Recenser les antibiotiques récents, allergies, anticoagulants, diabète, immunodépression et médicaments en cours ; une amiodarone peut exceptionnellement expliquer une épididymite non infectieuse.
Examen clinique bilatéral
Évaluer les constantes, l’état général et la douleur ; examiner abdomen, fosses lombaires, régions inguinales, périnée et scrotum.
Comparer position, axe, volume et consistance des deux testicules ; palper doucement l’épididyme et le cordon, sans manipulations répétées douloureuses.
Rechercher masse intratesticulaire, hydrocèle, hernie et écoulement du méat ; vérifier que les deux testicules sont présents dans les bourses.
Rechercher le réflexe crémastérien par stimulation douce de la face interne de la cuisse : son abolition renforce la suspicion, sa présence ne permet pas de rassurer isolément.
Ne pas utiliser le signe de Prehn pour trancher seul.
Le soulagement au soulèvement du testicule ne constitue pas un test d’exclusion fiable de torsion.
Si signes évocateurs de prostatite, réaliser un toucher rectal prudent selon le contexte, sans massage prostatique.
Tableau récapitulatif des causes de douleur testiculaire
Ces caractéristiques orientent le diagnostic sans constituer des critères d’exclusion : une présentation atypique reste possible, notamment pour la torsion.
Cause | Principales caractéristiques | Examen utile ou piège | Priorité |
|---|---|---|---|
Torsion du cordon | Début souvent brutal, douleur unilatérale intense, nausées/vomissements ; testicule haut ou horizontal, réflexe crémastérien souvent aboli. | Doppler : étude du cordon et de la perfusion ; un flux conservé ne l’exclut pas. Possible à tout âge et sur testicule non descendu. | Chirurgie en urgence. Ne pas attendre l’imagerie si forte suspicion. |
Torsion intermittente | Épisodes soudains récidivants avec résolution spontanée, parfois pendant le sommeil ou à l’effort. | Examen et Doppler parfois normaux entre les épisodes. Une amélioration n’écarte pas le risque de récidive complète. | Avis urologique urgent. |
Torsion d’appendice testiculaire | Surtout enfant ; douleur localisée au pôle supérieur, parfois point bleu sous-cutané, signes généraux habituellement absents. | Doppler : appendice anormal et perfusion testiculaire préservée ; inflammation périphérique possible. | Conservateur seulement après exclusion d’une torsion du cordon. |
Orchi-épididymite bactérienne | Douleur progressive, épididyme épaissi et sensible, fièvre, dysurie ou écoulement possibles ; exposition sexuelle ou contexte urinaire. | ECBU + TAAN ; hypervascularisation épididymaire/testiculaire au Doppler. Ni l’âge ni la BU ne tranchent seuls. | Traitement le jour même ; hôpital si forme sévère. |
Abcès / complication infectieuse | Douleur et gonflement persistants, fièvre ou aggravation malgré antibiothérapie. | Doppler : collection, zones non perfusées ou atteinte extensive ; rechercher aussi infarctus et pyocèle. | Avis urologique urgent. |
Orchite virale, notamment ourlienne | Contexte viral, contage ou parotidite ; atteinte uni- ou bilatérale, surtout après la puberté. | Bilan orienté par le contexte ; ne pas attribuer d’emblée toute douleur à la virose. | Soins symptomatiques après exclusion de l’urgence chirurgicale. |
Hernie inguinoscrotale incarcérée / étranglée | Masse douloureuse inguinoscrotale, irréductibilité, vomissements ou signes d’occlusion. | Examen inguinal et abdominal ; l’imagerie ne doit pas retarder la prise en charge. | Urgence chirurgicale. |
Gangrène de Fournier | Douleur périnéoscrotale parfois disproportionnée, progression rapide, fièvre ou altération générale ; bulles, nécrose et crépitations parfois tardives. | Le peu de signes cutanés initiaux ne rassure pas ; rechercher diabète ou immunodépression. | Urgence médicochirurgicale absolue. |
Traumatisme, hématome, hématocèle ou rupture | Notion de choc, ecchymose, gonflement, douleur ; saignement parfois favorisé par un anticoagulant. | Doppler : albuginée, collections et vascularisation. Un traumatisme peut masquer torsion ou tumeur. | Urgent si douleur importante, grosse bourse ou suspicion de rupture. |
Infarctus testiculaire segmentaire | Douleur aiguë ; contexte parfois infectieux, postopératoire ou vasculaire, parfois aucun facteur retrouvé. | Zone focale peu ou non vascularisée ; différencier torsion, abcès et tumeur. | Avis urologique urgent. |
Tumeur testiculaire | Nodule dur intratesticulaire ou augmentation de volume ; habituellement peu douloureuse, parfois douleur aiguë par hémorragie/nécrose. | Échographie + AFP, hCG, LDH ; des marqueurs normaux n’excluent pas le diagnostic. | Filière urologique rapide. |
Varicocèle symptomatique | Pesanteur, gêne favorisée par station debout ou effort ; dilatations veineuses palpables. | Doppler si nécessaire ; une douleur aiguë intense impose de chercher une complication ou une autre cause. | Avis programmé si tableau habituel ; urgent si changement brutal. |
Hydrocèle / kyste épididymaire | Tuméfaction ou gêne mécanique, souvent peu douloureuse ; lésion liquidienne extra-testiculaire. | Échographie si testicule mal palpable ; une hydrocèle peut être réactionnelle et masquer la cause. | Programmé si bénin confirmé ; réévaluer toute douleur aiguë. |
Œdème scrotal idiopathique de l’enfant | Œdème et rougeur prédominant sur la paroi, avec testicules habituellement préservés. | Diagnostic d’exclusion après examen et Doppler si doute ; ne pas confondre avec infection profonde ou torsion. | Évaluation pédiatrique ; soins symptomatiques si diagnostic certain. |
Vascularite à IgA / purpura rhumatoïde | Atteinte scrotale associée à purpura, arthralgies ou douleurs abdominales ; contexte surtout pédiatrique. | Évaluer l’atteinte systémique, notamment urinaire ; une torsion reste à exclure. | Avis pédiatrique, urgence selon atteintes associées. |
Douleur projetée | Examen scrotal normal ; irradiation lombaire/inguinale, colique néphrétique, pathologie abdominale ou musculosquelettique. | Bilan guidé par les signes extra-scrotaux, après examen génital complet. | Selon la cause ; urgence si syndrome abdominal ou infection obstructive. |
Douleur chronique / neuropathique | Plus de trois mois, brûlures ou hypersensibilité possibles ; contexte post-vasectomie, chirurgie inguinale ou tension du plancher pelvien. | Rechercher une cause traitable ; un Doppler normal ne nie pas la douleur. | Évaluation urologique et prise en charge de la douleur. |
Particularités de l’enfant et de l’adolescent
Chez le nourrisson, une bourse gonflée, dure ou colorée peut traduire une torsion même sans douleur manifeste :
Adresser immédiatement en chirurgie pédiatrique.
Chez l’enfant prépubère, une épididymite est souvent non bactérienne ;
Ne pas prescrire systématiquement un antibiotique lorsque l’évaluation et les urines ne documentent pas d’infection.
Une récidive, une anomalie urinaire ou une infection documentée justifie une évaluation pédiatrique/urologique et la discussion d’une exploration des voies urinaires.
Un purpura vasculaire avec douleurs abdominales peut s’accompagner d’une atteinte scrotale ;
il ne dispense pas d’écarter une torsion.
Chez l’adolescent, prévoir un temps d’entretien confidentiel sur la sexualité ;
une IST identifiée chez un enfant prépubère impose une prise en charge spécialisée et une évaluation de protection de l’enfant.
Examens complémentaires
Place de l’échographie Doppler
Probabilité clinique | Stratégie |
|---|---|
Torsion fortement suspectée | Appeler le chirurgien et organiser le transfert ; aucun examen ne doit retarder l’exploration. |
Diagnostic incertain, patient stable | Doppler scrotal urgent, réalisé par un opérateur expérimenté et coordonné avec l’équipe chirurgicale ; si l’accès retarde la décision, privilégier l’évaluation chirurgicale. |
Infection probable, masse, traumatisme ou évolution défavorable | Doppler pour préciser l’atteinte, rechercher abcès, ischémie, lésion tumorale ou rupture ; adapter le degré d’urgence à la clinique. |
L’examen doit être bilatéral et comparatif, avec étude du parenchyme, de la perfusion intratesticulaire, des épididymes et du cordon sur son trajet accessible.
Demander la recherche d’un enroulement du cordon (whirlpool sign), d’une collection, d’une hydrocèle réactionnelle et d’une anomalie de l’albuginée.
Une torsion partielle ou intermittente peut conserver un flux ;
Après détorsion spontanée: une hypervascularisation réactionnelle peut simuler une orchite.
Un Doppler discordant avec une clinique inquiétante impose un nouvel avis urologique ;
Ne pas organiser une simple surveillance à domicile sur la seule présence de flux.
Scanner et IRM ne sont pas des examens de 1ère intention du scrotum aigu ;
IRM ou échographie de contraste se discutent pour une lésion indéterminée, après exclusion de l’urgence chirurgicale.
Schéma de la prise en charge

Prélèvements en cas d’infection suspectée
ECBU avant antibiothérapie sur urine de milieu de jet ;
Consulter les résultats bactériologiques antérieurs.
TAAN/PCR Chlamydia trachomatis et Neisseria gonorrhoeae sur premier jet urinaire ou prélèvement adapté, selon les consignes du laboratoire ; ne pas confondre ce prélèvement avec l’ECBU.
Rechercher le gonocoque en culture pour antibiogramme lorsqu’il est suspecté ou détecté ; compléter les sites pharyngé et rectal selon les expositions.
Proposer le dépistage VIH et syphilis et compléter le bilan hépatites selon les risques et le statut vaccinal.
NFS, CRP, créatinine et bilan orienté si fièvre importante, retentissement général, terrain fragile ou traitement nécessitant une adaptation ; hémocultures si infection systémique.
Les prélèvements ne doivent retarder ni le traitement d’un sepsis ni l’orientation chirurgicale.
Masse ou douleur persistante
Devant une masse intratesticulaire suspecte : échographie bilatérale et dosage AFP, hCG et LDH, organisés avec l’urologue avant traitement ; des marqueurs normaux n’éliminent pas une tumeur.
Ne pas proposer de ponction ou de biopsie percutanée d’une masse testiculaire suspecte.
En cas de douleur chronique, cibler ECBU, recherche d’IST et imagerie sur l’examen et le contexte ; ne pas multiplier les échographies normales sans nouvel élément clinique.
Traitement
Suspicion de torsion : agir immédiatement
- Contacter directement la filière urologique ou chirurgicale et transmettre l’heure de début, le côté, les constatations, le terrain et l’heure du dernier repas.
- Garder le patient à jeun selon les consignes de l’équipe receveuse ; organiser le transport adapté à la douleur et à l’état général.
- Administrer une antalgie sans attendre ; son efficacité ne change pas le degré d’urgence.
- Le traitement est chirurgical : détorsion, appréciation de la viabilité et fixation, habituellement bilatérale si torsion confirmée ; l’orchidectomie concerne un testicule non viable.
- Une détorsion manuelle ne se tente que par une équipe entraînée en attendant le bloc ; elle ne remplace jamais l’exploration et la fixation, même si la douleur disparaît.
- Après un épisode évocateur spontanément résolutif, obtenir un avis urologique urgent pour torsion intermittente et discussion d’orchidopexie.
Antalgie et mesures associées
- Après exclusion d’une urgence chirurgicale : repos relatif, arrêt temporaire du sport et du vélo, soutien scrotal confortable et froid enveloppé si bénéfique, sans contact direct avec la peau.
- Paracétamol — Doliprane ou générique : chez l’adulte ≥ 50 kg, 500 mg à 1 g par prise si besoin, avec au moins 4–6 heures entre prises, maximum usuel 3 g/j ; réduire ou espacer selon poids, fonction hépatique/rénale et facteurs de risque.
- Chez l’enfant : paracétamol 15 mg/kg par prise toutes les 6 heures si nécessaire, maximum 60 mg/kg/j, avec formulation adaptée et sans cumul de spécialités.
- Un AINS de courte durée peut être envisagé pour une torsion d’appendice confirmée ou une inflammation contrôlée ; éviter en cas de déshydratation, insuffisance rénale, risque digestif ou hémorragique, et ne pas l’utiliser seul devant une infection bactérienne.
- Une douleur restant intense malgré l’antalgie justifie une réévaluation urgente plutôt qu’une simple escalade ambulatoire.
Orchi-épididymite : choisir le lieu de prise en charge
- Traiter en ambulatoire si torsion écartée, état général conservé, douleur contrôlable, prise orale possible et réévaluation à 48–72 heures réalisable.
- Adresser à l’hôpital si doute diagnostique, douleur intense persistante, fièvre avec retentissement général, vomissements, suspicion d’abcès ou d’ischémie, ou impossibilité de suivre le traitement.
- Le diabète, l’immunodépression et la fragilité renforcent la vigilance ; décider selon la gravité clinique et les possibilités de surveillance.
- Une forme sévère relève d’une antibiothérapie parentérale et d’une recherche de complication ; un abcès peut nécessiter un drainage.
Orchi-épididymite bactérienne : antibiothérapie chez l’adulte
- Prélever ECBU et TAAN avant la première dose, puis débuter le traitement le jour même lorsque l’infection est retenue.
- Choisir le spectre d’après les expositions sexuelles, les signes d’urétrite, le contexte urinaire et les résultats antérieurs ; ne pas utiliser le seul seuil d’âge de 35 ans.
- Les schémas suivants concernent l’adulte sans sepsis ni abcès ; vérifier allergies, interactions et fonction rénale avant prescription.
| Situation clinique | Traitement | Durée et adaptation |
|---|---|---|
| Gonocoque probable ou confirmé, Chlamydia non exclue | Ceftriaxone 1 g IM en dose unique + doxycycline 100 mg par voie orale matin et soir. | Doxycycline : 10 jours selon HAS ; EAU : 10–14 jours selon évolution. Réviser l’association dès les résultats. |
| Chlamydia seule documentée | Doxycycline 100 mg par voie orale matin et soir. | 10 jours. Le schéma de 7 jours d’une urétrite simple ne convient pas à cette indication. |
| Faible risque gonococcique, Chlamydia et entérobactéries possibles | Lévofloxacine 500 mg par voie orale, une fois par jour, si utilisable après évaluation individuelle. | 10–14 jours selon EAU, avec adaptation aux prélèvements et à la réponse. Ne pas retenir cette monothérapie si gonocoque probable. |
| Entérobactérie documentée, IST écartée | Selon sensibilité : triméthoprime/sulfaméthoxazole 160/800 mg par voie orale matin et soir OU lévofloxacine 500 mg/j par voie orale. | 10–14 jours. Ajuster à la fonction rénale ; le choix est guidé par l’antibiogramme. |
Lecture du tableau : HAS 2025 pour les infections gonococciques et à Chlamydia ; EAU 2026 pour la couverture des entérobactéries. La dose unique de ceftriaxone cible le gonocoque et ne constitue pas, seule, un traitement d’une infection entérique.
- En cas de risque mixte gonococcique et entérique, notamment après rapports anaux insertifs, discuter une couverture adaptée avec l’infectiologue/urologue.
- En cas de Chlamydia isolée documentée et de contre-indication à la doxycycline, la HAS propose en deuxième intention azithromycine 1 g par voie orale à J1 puis à J7 ; ne pas étendre cette alternative à une infection de cause inconnue.
- Une allergie confirmée à la ceftriaxone, une résistance suspectée ou une évolution défavorable nécessite un avis spécialisé pour choisir l’alternative.
- À 48–72 heures, adapter au germe et à la réponse ; une aggravation impose de rechercher une complication avant de modifier simplement la durée.
- Ne pas utiliser un traitement de cystite simple, notamment nitrofurantoïne ou fosfomycine orale en dose unique, pour traiter une orchi-épididymite.
Mesures associées à une infection
- Associer antalgie, repos relatif et soutien scrotal ; reprendre progressivement les activités après amélioration.
- Si IST : organiser dépistage et traitement des partenaires selon le germe, avec abstinence jusqu’à traitement achevé et disparition des symptômes chez les personnes concernées.
- Compléter le dépistage des autres IST et vérifier les vaccinations pertinentes selon les expositions.
- Si origine urinaire ou récidive : rechercher obstacle, résidu postmictionnel ou instrumentation favorisant l’infection ; traiter le facteur associé avec l’urologue.
Traitement des autres causes
- Torsion d’appendice confirmée : repos, soutien scrotal et antalgiques, avec AINS de courte durée si approprié ; pas d’antibiotique de principe. Douleur persistante ou diagnostic incertain : réévaluation chirurgicale.
- Épididymite prépubère : soins symptomatiques lorsque les urines ne documentent pas d’infection bactérienne ; si infection confirmée, antibiotique pédiatrique guidé par l’ECBU. Ne pas appliquer les posologies adultes.
- Orchite virale : traitement symptomatique ; pas d’antibiotique en l’absence de surinfection documentée.
- Gangrène de Fournier : hospitalisation immédiate, antibiothérapie IV large et débridement chirurgical précoce, avec réanimation si nécessaire ; ne pas attendre l’apparition d’une nécrose cutanée.
- Hernie incarcérée ou étranglée : prise en charge chirurgicale urgente ; aucun essai prolongé de traitement antalgique seul en ville.
- Rupture, hématocèle compressive ou ischémie : décision urologique urgente d’exploration, réparation, drainage ou surveillance spécialisée selon les lésions.
- Tumeur suspecte : orientation urologique rapide après échographie et marqueurs, sans biopsie transscrotale ; discuter la préservation de la fertilité avant traitement.
- Hydrocèle, kyste ou varicocèle symptomatique : avis urologique programmé si diagnostic bénin confirmé et gêne persistante ; une douleur aiguë inhabituelle impose de rechercher une autre cause.
Douleur scrotale chronique
- Rechercher une cause persistante ou projetée : séquelle infectieuse, varicocèle symptomatique, hernie, douleur après vasectomie ou chirurgie inguinale, atteinte musculosquelettique ou du plancher pelvien.
- Évaluer le retentissement sur sommeil, activité, sexualité et humeur ; ne pas assimiler une imagerie normale à une absence de douleur.
- Éviter les cures antibiotiques répétées en l’absence d’infection documentée ; organiser une prise en charge urologique et de la douleur, avec rééducation pelvipérinéale si indiquée.
- Les traitements d’une composante neuropathique, blocs du cordon et éventuelle dénervation relèvent d’une décision spécialisée ; une orchidectomie n’est pas un traitement initial de douleur inexpliquée.
Suivi
Calendrier et objectifs
| Quand | Que vérifier et décider |
|---|---|
| Immédiatement si aggravation | Douleur croissante ou nouvelle douleur brutale, vomissements, malaise, fièvre importante, extension cutanée, rétention urinaire : réévaluation urgente. |
| À 48–72 heures sous traitement infectieux | Douleur, fièvre, gonflement, observance, tolérance et résultats microbiologiques ; adapter l’antibiotique. Sans amélioration nette, revoir le diagnostic et rechercher torsion, abcès, ischémie ou résistance. |
| En fin de traitement puis selon évolution | La disparition du gonflement peut être plus lente que celle de la fièvre ; une induration persistante ou une masse impose échographie et avis urologique, sans renouvellement automatique de l’antibiotique. |
| Après torsion ou atteinte sévère | Suivi urologique du volume testiculaire et, selon contexte, des conséquences endocrines et de la fertilité ; une atrophie secondaire reste possible après conservation du testicule. |
| En cas de récidive | Rechercher obstacle urinaire, résidu postmictionnel, anomalie anatomique ou nouvelle IST selon le contexte ; coordonner avec l’urologue. |
Suivi microbiologique des IST
- Chlamydia : test de guérison si symptômes persistants, à distance d’au moins quatre semaines après traitement ; rechercher une réinfection par TAAN à 3–6 mois.
- Gonocoque : contrôle ciblé si alternative à la ceftriaxone, résistance suspectée, exposition en zone à haut risque ou symptômes persistants ; culture et avis spécialisé si échec, TAAN au moins 14 jours après traitement lorsqu’il est indiqué.
- Vérifier que les partenaires ont été informés et orientés ; proposer le dépistage d’une réinfection selon la poursuite des expositions.
Abréviations
AFP : alpha-fœtoprotéine · AINS : anti-inflammatoire non stéroïdien · AMM : autorisation de mise sur le marché · BU : bandelette urinaire · CIM-10 : Classification internationale des maladies, 10e révision · CRP : protéine C-réactive · EAU : European Association of Urology · ECBU : examen cytobactériologique des urines · hCG : gonadotrophine chorionique humaine · IM / IV : intramusculaire / intraveineux · IST : infection sexuellement transmissible · LDH : lactate déshydrogénase · NFS : numération formule sanguine · PCR : amplification génique · RCP : résumé des caractéristiques du produit · TAAN : test d’amplification des acides nucléiques.
Sources et références
Les liens externes s’ouvrent dans un nouvel onglet.
EAU — Paediatric Urology, édition 2026, Acute Scrotum — Urgence de la torsion, limites du Doppler, appendices testiculaires, épididymite prépubère et suivi. Consultation le 24 septembre 2026.
EAU — Urological Infections, édition 2026 — Sections Acute epididymitis et Fournier’s gangrene ; schémas adaptés au germe et à l’évolution. Consultation le 24 septembre 2026.
HAS, ANRS–MIE, CNS — Infection à Neisseria gonorrhoeae, avril 2025 — Pages 13 et 18–19 : orchi-épididymite, tests de guérison et partenaires. Ceftriaxone 1 g IM en dose unique pour l’atteinte gonococcique. Texte consulté le 24 septembre 2026.
HAS, ANRS–MIE, CNS — Chlamydia trachomatis, avril 2025 — Pages 11–12 et 20 : doxycycline, orchi-épididymite, contrôles et partenaires. Le schéma français ciblé est de 10 jours. Texte consulté le 24 septembre 2026.
AFU — Tumeurs germinales du testicule, actualisation 2024–2026 — Masse testiculaire, échographie et marqueurs ; voie inguinale et absence de biopsie percutanée. Consultation le 24 septembre 2026.
EAU — Chronic Pelvic Pain, évaluation diagnostique — Évaluation des douleurs persistantes et exclusion des causes spécifiques ; éviter la répétition d’imagerie sans point d’appel. Version en ligne consultée le 24 septembre 2026.
EAU — Chronic Pelvic Pain, traitement — Prise en charge multimodale et options spécialisées du syndrome douloureux scrotal. Version en ligne consultée le 24 septembre 2026.
Royal Children’s Hospital — Acute scrotal pain or swelling, janvier 2026 — Orientation chirurgicale, antalgie, jeûne et réévaluation de l’enfant. Consultation le 24 septembre 2026.
CDC — Epididymitis, STI Treatment Guidelines 2021 — Référence complémentaire pour le choix ambulatoire/hospitalier, les mesures associées et le suivi. Les doses du tableau reposent sur HAS et EAU ; consultation le 24 septembre 2026.
OrdoType — Orchi-épididymite, juin 2026 — Contenus cliniques visibles consultés dans le navigateur ; écran « Accès limité », connexion au compte professionnel non confirmée. Utilisé pour l’organisation pratique, recoupé avec les références primaires ; aucune revendication d’accès aux contenus réservés.
GuidelineCare — Douleur testiculaire, 20 avril 2026 — Contenu public consulté : orientation et présentation pratique. La dose de ceftriaxone et le codage ont été vérifiés séparément ; le tableau clinique ne doit pas être interprété comme un ensemble de critères absolus.
RecoMédicales — Cryptorchidie, 30 novembre 2023 — Page consultée pour le contexte de testicule non descendu et comme référence éditoriale. La page Urétrite et orchiépididymite n’a pas pu être consultée directement ; elle n’est pas présentée comme une source thérapeutique vérifiée.
Dr Delmas — Bourse aiguë, document fourni — Support pédagogique fourni : démarche clinique, torsion et diagnostics différentiels. Date de publication non précisée ; indications et formulations confrontées aux recommandations actuelles. Fichier : BOURSE AIGUE.docx.
Drs Rocher et Arama — Imagerie du scrotum aigu hors trauma, document fourni — Support pédagogique fourni : Doppler comparatif, étude du cordon, pièges de perfusion et complications. Date non précisée ; contenu réorganisé et actualisé, sans reproduction des cas iconographiques. Fichier : IMAGERIE DU SCROTUM AIGU HORS TRAUMA.docx.
BDPM — Ceftriaxone, Rocephine 1 g/3,5 mL IM — Présentation, substance active, solvant et précautions de voie d’administration ; repère de prescription, à vérifier localement.
BDPM — Doxy 100 mg — Substance active, modalités de prise et précautions.
BDPM — Bactrim Forte — Composition, adaptation rénale, hyperkaliémie et interactions, dont méthotrexate.
BDPM — Lévofloxacine Sun — Précautions de classe, atteintes tendineuses/neurologiques, QT et adaptation rénale. L’indication et la durée pour l’épididymite proviennent des recommandations EAU.
BDPM — Doliprane 1000 mg — Dose usuelle maximale, intervalle entre les prises et adaptation au terrain.
BDPM — Doliprane 2,4 %, suspension buvable — Posologie pédiatrique pondérale ; utiliser une présentation adaptée au poids.
ATIH — CIM-10-FR 2026 — Référence de nomenclature, notamment N44, N45, N49 et N50 ; codage à adapter au diagnostic et aux règles nationales.
