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Chute de la personne âgée

Médecine InterneMis à jour le

Aperçu

Points clés

  • Toute chute mérite de rechercher une lésion, une cause aiguë et des facteurs favorisants ; ne pas conclure trop vite à une chute « mécanique ».

  • Des chutes répétées correspondent à au moins deux chutes sur douze mois.

  • La prévention efficace associe interventions ciblées, travail de l’équilibre et de la force, révision de l’ordonnance et adaptation du domicile.

  • Une peur majeure de tomber avec perte des capacités de marche peut révéler un syndrome post-chute nécessitant une prise en charge rapide.

CIM

R29.6 si chutes répétées ; coder les lésions et circonstances associées

Définition

Critères et périmètre

  • Une chute est un événement au cours duquel une personne se retrouve involontairement au sol ou à un niveau inférieur.
  • Les chutes sont dites répétées à partir de deux épisodes sur douze mois.
  • Chez la personne âgée, la chute est un syndrome gériatrique multifactoriel et doit faire rechercher une cause aiguë, une lésion et des facteurs de récidive.

Clinique

Évaluation immédiate et signes de gravité

À rechercherConduite
Traumatisme crânien, surtout sous anticoagulant ; déficit neurologique ; confusion ; vomissements répétésÉvaluation urgente et indication de scanner selon le contexte ; ne pas se fier à l’absence de plaie.
Douleur de hanche, déformation, impossibilité d’appuiRechercher une fracture ; imagerie et orientation adaptées, même après une chute de faible hauteur.
Perte de connaissance, douleur thoracique, dyspnée, palpitationsExplorer une syncope ou une cause cardiorespiratoire ; urgence si signes de gravité.
Séjour prolongé au sol, impossibilité de se releverRechercher déshydratation, hypothermie, compression, rhabdomyolyse et atteinte rénale.
Désadaptation motrice aiguë, rétropulsion, peur paralysante de la station deboutPrise en charge gériatrique/rééducative rapide ; hospitalisation selon autonomie et contexte social.
  • Vérifier constantes, douleur, glycémie si contexte évocateur, état neurologique et possibilité d’un retour à domicile sécurisé.

Interrogatoire et examen après la phase aiguë

  • Reconstituer les circonstances avec un témoin si possible : prodromes, direction de la chute, obstacle, chaussage, lever nocturne, repas, effort et durée au sol.
  • Recenser les chutes antérieures, blessures, quasi-chutes, peur de tomber et restrictions d’activité.
  • Revoir l’ordonnance, les changements récents et l’automédication ; rechercher notamment sédation, hypotension et hypoglycémie.
  • Examiner cœur, neurologie, vision, pieds, sensibilité, mobilité articulaire et force ; apprécier cognition, humeur, nutrition et continence.
  • Mesurer la pression couchée puis debout, notamment à une et trois minutes ; une baisse ≥ 20 mmHg systolique ou ≥ 10 mmHg diastolique dans les trois minutes évoque une hypotension orthostatique.
  • Observer lever de chaise, marche, demi-tour et équilibre avec les aides habituelles ; sécuriser les tests.

Examens complémentaires

Examens et appréciation du risque

  • Les examens dépendent des points d’appel : radiographies si suspicion de fracture ; ECG devant malaise/syncope ; NFS, ionogramme, fonction rénale ou glycémie selon contexte.
  • Après station prolongée au sol, doser CPK et fonction rénale et rechercher des troubles hydroélectrolytiques.
  • Un test de marche ou un Timed Up and Go peut suivre les capacités, mais aucun seuil isolé ne résume le risque futur.
  • Évaluer le risque de fracture et l’indication d’une exploration/prise en charge de l’ostéoporose.
  • Demander un avis gériatrique en cas de récidives, fragilité, blessure, difficulté à se relever ou perte fonctionnelle.

Traitement

Prévention : programme personnalisé

InterventionPrescription ou action pratique
Kinésithérapie / activité physique adaptéeBilan puis rééducation de l’équilibre, de la marche et de la force des membres inférieurs ; exercices progressifs, transferts et apprentissage du relever du sol si possible.
Exercices poursuivis à domicileProgramme adapté et sécurisé, idéalement au moins trois séances/semaine pendant au moins douze semaines, puis maintien dans la durée.
Révision des traitementsRéduire les prescriptions inadaptées et les associations sédatives ; ajuster les traitements favorisant hypotension ou hypoglycémie, sans arrêt brutal des médicaments à risque de sevrage.
Domicile et aides techniquesÉclairage nocturne, suppression des obstacles/tapis instables, barres d’appui, chaussage adapté ; ergothérapie et réglage d’une aide à la marche si nécessaire.
Vision, pieds, nutrition et osCorriger les troubles accessibles ; traiter dénutrition, carence documentée et ostéoporose selon leurs indications ; la vitamine D seule ne remplace pas un programme de prévention.
Sécurité et entourageOrganiser les aides, un moyen d’alerte accessible et un plan en cas de chute ; expliquer comment demander de l’aide sans tentative de relever dangereuse.

Suivi

Suivi et informations à transmettre

  • Revoir rapidement après une chute ou une modification médicamenteuse, puis apprécier à quelques semaines mobilité, autonomie, peur de tomber et réalisation des exercices.
  • Suivre le nombre de nouvelles chutes, les circonstances, les blessures et les difficultés au domicile.
  • Partager avec kinésithérapeute, infirmier, pharmacien et aidants les facteurs identifiés et les objectifs, avec l’accord de la personne.
  • Le courrier doit préciser : événements, durée au sol, traitements à risque, examen neurologique/cardiovasculaire, orthostatisme, aides et situation sociale.
  • Éviter l’immobilisation par peur d’une nouvelle chute ; organiser une reprise d’activité graduée et sécurisée.

Abréviations

Repères

  • AVQ : activités de la vie quotidienne
  • CPK : créatine phosphokinase
  • ECG : électrocardiogramme
  • TDM : tomodensitométrie
  • TUG : Timed Up and Go.

Sources et références

Les liens externes s’ouvrent dans un nouvel onglet.