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Bronchiolite aiguë du nourrisson

PédiatrieMis à jour le

Aperçu

Points clés

  • Diagnostiquer cliniquement le 1er épisode de bronchiolite chez le nourrisson < 12 mois.

  • Évaluer après lavage nasal, chez un enfant calme :

    • Comportement,

    • FR sur une minute,

    • FC,

    • SpO₂ en air ambiant,

    • Signes de lutte et alimentation.

  • Appeler immédiatement le 15 en France ou le 112 :

    • Apnée, cyanose, épuisement, hypotonie ou détresse respiratoire intense.

  • Quantifier les apports sur les 3 dernières prises et rechercher une déshydratation ; ne pas se limiter à l’auscultation.

  • Âge corrigé < 2 mois, prématurité et comorbidités :

    • Abaisser le seuil d’orientation hospitalière et organiser une surveillance rapprochée.

  • Aucun examen complémentaire systématique dans une forme typique sans complication.

  • Le traitement repose sur le lavage nasal au sérum physiologique, le fractionnement des repas et la surveillance ; maintenir le couchage sur le dos à plat.

  • Ne pas prescrire de salbutamol, corticoïde, antibiotique ou kinésithérapie de désencombrement de routine.

  • Prévoir une réévaluation à 24–48 heures,

    • plus précoce ou quotidienne en cas de vulnérabilité ;

    • les premières 48 heures des symptômes respiratoires sont à risque d’aggravation.

  • Prévenir les formes à VRS :

    • Gestes barrières et protection par vaccination maternelle ou anticorps monoclonal selon la situation et la campagne nationale.

CIM

  • J21 — Bronchiolite aiguë : catégorie générale.

  • J21.0 — Bronchiolite aiguë due au virus respiratoire syncytial (VRS).

  • J21.1 — Bronchiolite aiguë due au métapneumovirus humain.

  • J21.8 — Bronchiolite aiguë due à d’autres micro-organismes précisés.

  • J21.9 — Bronchiolite aiguë, sans précision.

Définition

Définition

  • Infection virale des petites voies aériennes, caractérisée par une rhinite suivie d’une toux, de sibilants et/ou de crépitants, avec ou sans polypnée et signes de lutte.

  • Le VRS est le principal agent ;

    • Rhinovirus, métapneumovirus et autres virus respiratoires peuvent produire un tableau similaire.

  • La fièvre est inconstante ;

    • elle n’est ni nécessaire au diagnostic ni une preuve de surinfection bactérienne.

  • L’obstruction résulte de l’inflammation, de l’œdème et des sécrétions bronchiques ;

    • cela explique l’absence de bénéfice des bronchodilatateurs en routine.

Évolution habituelle et épisodes récidivants

  • Les difficultés respiratoires durent habituellement 8–10 jours ;

    • la toux peut persister deux à trois semaines, parfois davantage.

  • Une gêne respiratoire persistante ou croissante ne doit pas être banalisée sous prétexte d’une toux prolongée.

  • Au-delà de 12 mois ou devant des épisodes répétés, réévaluer le diagnostic :

    • Sifflements viraux récidivants, asthme et autres causes d’obstruction.

  • Une atopie personnelle ou familiale renforce l’hypothèse d’asthme ; l’âge seul ou un épisode isolé ne suffisent pas à l’affirmer.

Clinique

Interrogatoire ciblé

  • Noter le début de la toux et de la gêne respiratoire, leur évolution, les pauses respiratoires, malaises ou changements de coloration rapportés.

  • Préciser l’âge chronologique et corrigé, le terme de naissance, les antécédents néonataux, cardiopulmonaires, neuromusculaires ou immunitaires.

  • Quantifier les volumes bus par rapport à l’habitude sur trois prises successives ; pour le sein, rechercher des tétées moins efficaces, plus courtes et une baisse des couches mouillées.

  • Rechercher vomissements, diurèse diminuée, fièvre, contage, antécédents de sifflements, atopie et difficultés de prise pondérale.

  • Vérifier le tabagisme passif, les capacités de surveillance, la compréhension des parents et l’accès rapide à un recours médical.

  • Noter la protection anti-VRS déjà reçue, sa date et le produit ;

    • Une immunisation n’exclut pas une bronchiolite.

Examen après désobstruction nasale

  • Observer d’abord : éveil, interactions, tonus, coloration, respiration et qualité des prises alimentaires.

  • Mesurer température, FC et FR pendant une minute complète, après apaisement ; peser si difficultés alimentaires ou doute sur l’hydratation.

  • Mesurer la SpO₂ à l’éveil en air ambiant, avec une sonde adaptée et un signal stable ; vérifier une valeur basse ou discordante sans retarder l’orientation d’un enfant en détresse.

  • Rechercher tirage sous-costal/intercostal, battement des ailes du nez, geignement, asynchronisme thoraco-abdominal et pauses respiratoires.

  • Ausculter les deux champs pulmonaires ; des crépitants ou sibilants diffus sont compatibles, un silence auscultatoire avec épuisement est alarmant.

  • Rechercher une déshydratation, un foyer infectieux associé et des signes cardiaques : souffle, tachycardie disproportionnée, mauvaise perfusion, hépatomégalie.

  • L’absence d’hépatomégalie n’exclut pas une insuffisance cardiaque.

Tableau de gravité

Critère

Forme légère

Forme modérée

Forme grave

État général / comportement

Conservé

Conservé

Altéré, hypotonie, mauvaise réactivité

FR au repos

< 60/min

60–69/min

≥ 70/min, < 30/min, apnée ou respiration superficielle

FC

Pas de valeur extrême

Pas de valeur extrême

> 180/min ou < 80/min

Muscles accessoires

Absents ou peu sollicités

Lutte modérée

Lutte intense, épuisement

SpO₂ à l’éveil, air ambiant

> 92 %

> 90 % et ≤ 92 %

≤ 90 % ou cyanose

Alimentation par rapport à l’habitude

> 50 %

< 50 % sur trois prises consécutives

Réduction majeure ou refus alimentaire

Règle de classement

Tous les critères légers

Au moins un critère modéré, aucun grave

Un seul critère grave suffit

Une prise alimentaire proche de 50 % nécessite également une réévaluation attentive ; une baisse d’au moins moitié répétée peut justifier un support nutritionnel. La FR de 60–69/min est un critère de forme modérée, pas à elle seule une forme grave.

Orientation : domicile ou hospitalisation

Situation

Décision pratique

Forme grave ; apnées, cyanose, épuisement ou altération neurologique

Appeler le 15 / 112 et organiser un transfert médicalisé. Hospitalisation ; soins intensifs/réanimation selon la défaillance.

Forme modérée avec besoin d’oxygène ou d’assistance alimentaire

Adresser à l’hôpital. Une SpO₂ persistante ≤ 92 % après contrôle impose une évaluation hospitalière ; ne pas surveiller une hypoxémie à domicile.

Forme modérée + âge corrigé < 2 mois, comorbidité importante ou conditions de surveillance insuffisantes

Hospitaliser. Discuter l’orientation avec la pédiatrie et le mode de transport selon la tolérance.

Forme modérée sans ces facteurs

Évaluation au cas par cas ; retour possible seulement si stabilité, alimentation suffisante, parents aptes à surveiller et réévaluation rapprochée assurée.

Forme légère avec vulnérabilité

Surveillance renforcée et réévaluation quotidienne selon le terrain ; recours pédiatrique au moindre doute.

Forme légère sans vulnérabilité

Domicile, soins de support, consignes écrites et consultation à 24–48 h.

Facteurs de vulnérabilité

  • Âge corrigé < 2 mois, en particulier devant le risque d’apnées ;

  • Prématurité < 36 SA.

  • Dysplasie bronchopulmonaire,

  • Ventilation néonatale prolongée,

  • Cardiopathie avec retentissement hémodynamique,

  • Déficit immunitaire.

  • Maladie neuromusculaire, polyhandicap, trisomie 21 ou autre situation avec toux inefficace et fatigabilité.

  • Début respiratoire depuis moins de 48 h, tabagisme passif, difficultés sociales, absence de surveillance fiable ou éloignement des soins.

Diagnostics différentiels à rechercher

Diagnostic

Éléments évocateurs / conduite

Pneumonie ou infection bactérienne associée

Fièvre élevée ou persistante, mauvaise tolérance, asymétrie ou foyer auscultatoire ; rechercher le foyer sans conclure sur la fièvre seule.

Myocardite / insuffisance cardiaque

Tachycardie disproportionnée, hépatomégalie, souffle, sueurs aux tétées, mauvaise croissance ou perfusion ; avis pédiatrique urgent.

Coqueluche

Quintes, vomissements après la toux, cyanose ou apnées, contage ; possible absence de chant du coq chez le nourrisson.

Inhalation de corps étranger

Début brutal après suffocation, asymétrie auscultatoire, absence de prodrome viral ; orientation urgente.

Sifflements viraux récidivants / asthme

Épisodes répétés, terrain atopique, symptômes intercritiques ; démarche diagnostique dédiée.

Malacie, anomalie des voies aériennes, compression vasculaire

Stridor, symptômes depuis la naissance, bruits persistants hors infection ; avis spécialisé.

Mucoviscidose, trouble de déglutition / fausses routes, autre maladie chronique

Encombrement permanent, infections répétées, toux liée aux repas ou cassure pondérale ; bilan ciblé.

Examens complémentaires

Ne rien prescrire de systématique dans la forme typique

  • Pas de radiographie thoracique, NFS, CRP, gaz du sang ni PCR VRS de routine en ambulatoire.

  • La virologie ne détermine habituellement ni le diagnostic clinique ni les soins de support ; un résultat positif n’exclut pas une autre affection.

  • Ne pas retarder une orientation urgente pour obtenir une radiographie ou un prélèvement.

Prescrire un examen seulement s’il modifie la prise en charge

Examen

Indication ciblée

Radiographie thoracique

Doute diagnostique, asymétrie ou suspicion de complication, forme grave selon l’évaluation hospitalière, évolution inhabituelle ; pas pour confirmer une bronchiolite typique.

Bilan infectieux / ECBU

Suspicion d’infection bactérienne associée, fièvre mal tolérée, terrain et âge justifiant un bilan ; choisir les prélèvements selon le foyer suspecté.

Virologie respiratoire

Besoin hospitalier d’isolement/cohorting ou résultat susceptible de modifier le traitement, notamment suspicion de grippe chez un enfant à risque.

Gaz du sang / capnie

Épuisement, défaillance respiratoire ou aggravation sous support ; contexte hospitalier.

Ionogramme, glycémie, fonction rénale

Déshydratation, apports très réduits, troubles neurologiques ou indication de perfusion selon le contexte.

Situations à ne pas banaliser

  • Avant 3 mois, une température ≥ 38 °C justifie une évaluation médicale urgente, avec avis pédiatrique selon l’âge et le terrain.

    • Ne pas attribuer automatiquement la fièvre au VRS.

  • Une opacité radiologique peut correspondre à une atélectasie ou une atteinte virale ; elle ne suffit pas, isolément, à décider une antibiothérapie.

  • Une toux quotidienne persistante, une polypnée au repos, une auscultation anormale ou une mauvaise croissance au-delà de l’évolution attendue imposent de reprendre le diagnostic.

Traitement

Forme grave : premières mesures au cabinet

  • Appeler immédiatement le 15 / 112. Maintenir une surveillance continue en attendant le transfert ; préparer les informations d’âge, de terme, de constantes et d’alimentation.

  • Libérer prudemment les voies aériennes supérieures si nécessaire, minimiser les manipulations et ne pas forcer l’alimentation d’un enfant épuisé.

  • Administrer de l’oxygène si disponible et indiqué, sous contrôle de la SpO₂ et selon les consignes de régulation ; traiter une apnée selon les gestes de réanimation pédiatrique.

Lavage nasal : le soin essentiel

  • Sérum physiologique stérile à 0,9 %, en unidoses.

    • Réaliser les lavages plusieurs fois par jour selon l’encombrement, notamment avant les repas et le sommeil.

  • Montrer le geste : mains propres, nourrisson sur le côté ou tête tournée sur le côté, instillation douce dans la narine supérieure, pause pour laisser déglutir, puis autre côté si nécessaire.

  • Privilégier un geste doux et adapté à la tolérance ;

    • Éviter les aspirations nasopharyngées profondes répétées.

  • Ne pas ajouter de vasoconstricteur, antiseptique ni huile essentielle ;

    • Ne pas remplacer le lavage nasal par des nébulisations.

Alimentation, hydratation et environnement

  • Poursuivre le lait habituel ou l’allaitement et fractionner les prises.

    • Proposer de petites quantités plus souvent, après lavage nasal, sans diluer le lait.

  • Contrôler efficacité des tétées, quantités prises, vomissements et couches mouillées ;

    • Ne pas forcer un enfant qui peine à respirer.

  • En cas d’apports insuffisants malgré ces mesures, d’épuisement aux repas ou de déshydratation :

    • Hospitaliser pour assistance nutritionnelle/hydrique.

  • Coucher sur le dos, à plat, sur un matelas ferme ;

    • Aucun coussin, cale-bébé ou plan incliné.

  • Proscrire fumée de tabac et exposition au vapotage ; aérer et éviter une chambre surchauffée.

  • Garder l’enfant au domicile pendant la phase aiguë ; l’absence d’éviction réglementaire systématique ne signifie pas qu’une fréquentation de la collectivité est souhaitable.

Fièvre ou inconfort : prescription utile

  • Paracétamol par voie orale : 15 mg/kg par prise, toutes les 6 heures si besoin, sans dépasser 60 mg/kg/j.

  • Utiliser une présentation adaptée au poids, par exemple Doliprane® 2,4 % et sa seringue dédiée ; prescrire en mg/kg et vérifier les autres médicaments contenant du paracétamol.

  • Le paracétamol améliore le confort ; il ne traite pas l’obstruction ni ne raccourcit la bronchiolite.

  • Ne pas alterner systématiquement les antipyrétiques ; éviter les AINS notamment en cas de déshydratation. Une fièvre chez un très jeune nourrisson nécessite d’abord l’évaluation de sa cause et de sa tolérance.

Traitements à ne pas prescrire en routine

Traitement

Conduite

Salbutamol / autres bronchodilatateurs, adrénaline nébulisée

Pas d’indication dans un premier épisode typique avant 12 mois. Une suspicion d’asthme récidivant relève d’une autre démarche diagnostique.

Corticoïdes inhalés ou systémiques ; montélukast

Ne pas prescrire pour traiter l’épisode, prévenir la récidive ou un futur asthme.

Antibiotiques

Aucun traitement systématique, même si fièvre. Traiter uniquement une infection bactérienne concomitante documentée ou fortement suspectée, selon son diagnostic.

Antitussifs, mucolytiques, fluidifiants

Ne pas prescrire au nourrisson ; produits contre-indiqués ou sans indication. Pas de miel avant un an.

Sérum salé hypertonique nébulisé, traitement anti-reflux

Pas d’indication habituelle dans la bronchiolite.

Kinésithérapie de désencombrement bronchique

Non recommandée en ville ou à l’hôpital ; clapping, vibrations et drainage postural sont à proscrire. Une comorbidité avec toux inefficace peut justifier une prise en charge individualisée spécialisée.

Prise en charge hospitalière : repères

  • Oxygène : selon le texte HAS–CNPP, en forme modérée avec SpO₂ persistante ≤ 92 %, viser > 92 % à l’éveil et > 90 % pendant le sommeil ; en forme grave, cible initiale > 94 %. Adapter aux comorbidités et au protocole pédiatrique.

  • Nutrition : alimentation entérale par sonde en première intention si l’alimentation orale devient insuffisante ; perfusion si contre-indication ou échec de la voie entérale.

  • Aggravation malgré l’oxygène standard : envisager haut débit, CPAP ou autre assistance en unité disposant du personnel et de la surveillance adaptés.

  • Le besoin d’oxygène, les apnées et l’épuisement commandent le niveau de surveillance ; aucune valeur de SpO₂ ne remplace l’évaluation clinique.

Prévention quotidienne

  • Lavage des mains avant les soins, nettoyage des objets partagés, aération et limitation des contacts malades.

  • Entourage enrhumé : masque lors des contacts rapprochés, absence de bisous sur le visage ou les mains, éviter les visites non indispensables.

  • Limiter les lieux clos très fréquentés, surtout avant 3 mois ; discuter l’organisation de la collectivité chez les nourrissons très vulnérables.

  • Soutenir l’allaitement lorsqu’il est souhaité ; maintenir les mesures barrières même après immunisation.

Prévention du VRS : campagne française 2026–2027

France métropolitaine : du 14 septembre 2026 au 28 février 2027. Les dates diffèrent en outre-mer ; appliquer la campagne du pays de prise en charge. Ces produits préviennent les infections à VRS : ils ne traitent pas une bronchiolite en cours et ne protègent pas contre tous les virus respiratoires.

Stratégie / produit

Schéma pratique

Place et limites

Nirsévimab — Beyfortus®
Anticorps monoclonal

Première saison : 50 mg IM si poids < 5 kg ; 100 mg IM si poids ≥ 5 kg, en une injection.

Protection des nourrissons éligibles à leur première saison ; administrer idéalement avant la sortie de maternité si nés pendant la campagne, ou en rattrapage selon le calendrier.

Clésrovimab — Enflonsia®
Anticorps monoclonal

105 mg / 0,7 mL IM en dose unique, quel que soit le poids.

Alternative de première intention pendant la première saison de VRS. L’indication européenne consultée ne couvre pas une deuxième saison ; avis spécialisé chez les très petits poids.

Vaccin maternel — Abrysvo®

Une dose IM entre 32 et 36 SA, pendant la période de campagne appropriée.

Alternative pour protéger l’enfant par transfert placentaire d’anticorps ; choix éclairé des parents. Ne pas présenter une supériorité générale des anticorps sur la vaccination comme un fait établi.

Palivizumab — Synagis®
Anticorps monoclonal

15 mg/kg IM chaque mois pendant la saison, habituellement cinq injections.

Option spécialisée chez les enfants à haut risque ; la prématurité n’impose pas à elle seule de préférer Synagis aux anticorps de longue durée d’action.

Choisir la protection selon la situation

  • 1ère saison :

    • Proposer la prévention selon l’éligibilité nationale aux nouveau-nés de la campagne et aux nourrissons nés après la fin de la saison précédente.

  • Mère vaccinée pendant cette grossesse :

    • Ne pas ajouter systématiquement un anticorps au nourrisson.

  • Privilégier l’anticorps si :

    • Mère non vaccinée, immunodéprimée, naissance prématurée ou moins de 14 jours après la vaccination ;

    • Évaluer les situations particulières avec la pédiatrie.

  • Nouvelle grossesse après vaccination antérieure :

    • Privilégier l’immunisation du nouveau-né ;

    • la HAS ne recommande pas une revaccination systématique faute de données suffisantes.

  • Abrysvo :

    • coadministration possible avec grippe/Covid-19 ;

    • Respecter au moins deux semaines avec la vaccination diphtérie–tétanos–coqueluche.

  • 2ème saison :

    • Prévention réservée aux enfants restant à haut risque. :

      • notamment < 24 mois avec dysplasie bronchopulmonaire récemment traitée

      • Ou cardiopathie à retentissement hémodynamique ;

      • Décision pédiatrique.

  • Beyfortus en deuxième saison, si indiqué :

    • 200 mg IM, en deux injections de 100 mg sur deux sites distincts.

    • Synagis reste une alternative selon le protocole ; ne pas extrapoler le schéma d’Enflonsia.

  • Administration des anticorps :

    • face antérolatérale de la cuisse ; vaccins habituels possibles le même jour, sur des sites distincts ; consigner produit, dose, date et numéro de lot.

  • Contre-indication majeure :

    • hypersensibilité au produit ou à un excipient. Différer en cas de maladie aiguë modérée à sévère ; vérifier les précautions en cas de trouble de coagulation.

  • Après une infection à VRS déjà documentée, revoir l’indication selon le produit et les recommandations de campagne ; ne pas confondre absence d’indication préventive et contre-indication allergique.

  • Informer des réactions locales, éruptions ou fièvre possibles et de la conduite à tenir devant une réaction allergique immédiate.

Suivi

Organiser la réévaluation

Délai

À vérifier / conduite

Dans les 24–48 heures après la première consultation

Respiration, comportement, température, apports, couches mouillées, poids si besoin et efficacité du lavage nasal ; réévaluer plus tôt si aggravation.

Chaque jour si vulnérabilité, surtout au début

Prévoir un professionnel et une solution les week-ends/jours fériés ; réorienter si la surveillance n’est pas fiable ou si les apports diminuent.

Après sortie des urgences / hospitalisation

Relais avec le médecin habituel dans les 24–72 h selon l’état et le courrier de sortie ; s’assurer que les parents disposent des recours.

À distance

Vérifier le retour à l’état habituel ; demander un avis spécialisé si symptômes quotidiens à un mois, et impérativement si guérison incomplète à 4–6 semaines.

Transmettre des consignes précises aux parents

  • Appeler immédiatement le 15 / 112 : pauses respiratoires, coloration bleue, malaise, enfant très somnolent ou peu réactif, respiration qui ralentit avec épuisement, refus complet de boire.

  • Reconsulter sans attendre : gêne ou tirage croissants, boissons inférieures à la moitié de l’habitude sur trois prises, couches nettement moins mouillées, vomissements répétés, comportement inhabituel ou fièvre nouvelle/persistante.

  • Faire reformuler le lavage nasal, les signes d’alerte et le lieu du prochain contrôle ; remettre le support HAS aux parents.

  • La surveillance repose sur l’état clinique et les prises alimentaires ; ne pas déléguer la décision de consulter à un oxymètre grand public.

Quand reprendre le diagnostic ?

  • Toux quotidienne, polypnée au repos, sibilants persistants ou retentissement pondéral :

    • Rechercher une autre affection ou une complication.

  • Des épisodes récidivants nécessitent une évaluation de l’asthme du nourrisson et du terrain atopique, sans renouveler mécaniquement le diagnostic de bronchiolite.

  • Une toux résiduelle isolée, décroissante, avec respiration et alimentation redevenues normales, ne justifie pas un antibiotique.

Abréviations

AFE : augmentation du flux expiratoire · BA : bronchiolite aiguë · CIM-10 : Classification internationale des maladies, 10e révision · CNPP : Conseil national professionnel de pédiatrie · CNPU : Collège national des pédiatres universitaires · CPAP : pression positive continue · CRP : protéine C-réactive · DRP : désobstruction rhinopharyngée · ECBU : examen cytobactériologique des urines · FC : fréquence cardiaque · FR : fréquence respiratoire · HAS : Haute Autorité de santé · IM / IV : intramusculaire / intraveineux · NFS : numération formule sanguine · PCR : amplification génique · RCP : résumé des caractéristiques du produit · SA : semaines d’aménorrhée · SpO₂ : saturation pulsée en oxygène · VRS : virus respiratoire syncytial.

Sources et références

Les liens externes s’ouvrent dans un nouvel onglet.