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Aponévrosite Plantaire

RhumatologieMis à jour le

Aperçu

Points clés

  • Pathologie fréquente, liée à une atteinte de l’insertion de l’aponévrose plantaire sur le calcanéus.

  • Clinique typique : douleur talonnière matinale, aggravée par la marche et la station debout, avec point douloureux exquis à la palpation de l’insertion.

  • Facteurs favorisants : troubles statiques du pied, surcharge pondérale, sports avec sauts ou courses répétées.

  • Diagnostic essentiellement clinique, confirmé si besoin par échographie (épaississement > 4 mm).

  • Évolution lente mais favorable dans 90–95 % des cas à 1 an.

  • Traitement de première intention : mesures hygiéno-diététiques, semelles, kinésithérapie (étirements).

  • Deuxième intention : infiltration de corticoïdes, ondes de choc extracorporelles.

  • Chirurgie : exceptionnelle (formes résistantes > 6–12 mois).

CIM

M72.2 — Fibromatose de l'aponévrose plantaire

Définition

Définition, prévalence, physiopathologie

  • Définition : inflammation ou dégénérescence de l’insertion proximale de l’aponévrose plantaire sur la face inférieure du calcanéus.

  • Prévalence : cause la plus fréquente de douleur talonnière (jusqu’à 10 % des sportifs).

  • Physiopathologie :

    • Microtraumatismes répétés → processus dégénératif et inflammatoire chronique.

    • Possible association avec une épine calcanéenne (non responsable de la douleur).

Clinique

Facteurs favorisants

  • Âge (40–60 ans).

  • Troubles de la statique du pied : pied plat valgus, pied creux.

  • Surpoids ou obésité.

  • Activité sportive : course à pied, sports avec sauts et réceptions.

  • Station debout prolongée, chaussures inadaptées.

Interrogatoire et examen clinique

  • Douleur :

    • Localisation : talon/plante du pied, irradiant parfois le long de l’arche interne.

    • Présente dès les premiers pas du matin (« dérouillage »), aggravée à l’effort.

    • Exquise à la palpation de l’insertion inféro-médiale du calcanéus.

  • Test de Windlass : extension passive des orteils → douleur à l’insertion = positif.

  • Évolution : chronique, parfois invalidante.

Diagnostics différentiels

  • Rupture du fascia plantaire.

  • Enthésite (spondylarthropathies).

  • Fracture de fatigue du calcanéus.

  • Maladie de Ledderhose (fibromatose plantaire).

  • Formation kystique péri-aponévrotique.

  • Syndrome de l’os péroneum (douleur plus latérale).

  • Neuropathies : tunnel tarsien, neuropathie de Baxter, sciatique S1 suspendue.

Examens Complémentaires

Échographie

  • Épaississement (> 4 mm), hypoéchogénicité, perte de structure fibrillaire.

  • Recherche de fissures de l’aponévrose.

Radiographie

  • Utile pour éliminer d’autres diagnostics (fracture, tumeur).

  • Présence possible d’une épine calcanéenne (témoigne du surmenage mais n’explique pas la douleur).

Traitement

Mesures générales

  • Repos relatif, adaptation de l’activité (natation, vélo en remplacement de la course).

  • Éviter la station debout prolongée et les chaussures trop souples.

  • Perte de poids en cas de surpoids/obésité.

Podologie

  • Talonnettes amortissantes.

  • Semelles orthopédiques adaptées si troubles statiques.

  • Attelle de nuit (1–3 mois) si douleurs persistantes au lever.

Kinésithérapie

  • Étirements de l’aponévrose plantaire et des gastrocnémiens (quotidiens, enseignés au patient).

  • Massages transverses profonds.

  • Bandage/taping en phase aiguë (4–6 semaines).

  • Thérapie par ondes de choc extracorporelles si évolution prolongée.

Infiltrations cortisonées

  • 2ᵉ intention, sous échographie.

  • Antalgie efficace à court terme (< 4 semaines).

  • Risque : rupture du fascia → éviter la répétition.

Traitements complémentaires (efficacité discutée)

  • AINS.

  • Plasma riche en plaquettes (PRP) dans les formes fissuraires chroniques.

  • Dry needling.

  • Ténotomie percutanée.

  • Injection de toxine botulique.

Chirurgie

  • Ultime recours si persistance > 6–12 mois malgré traitement médical.

Suivi

Évolution lente mais favorable dans 90–95 % des cas à 1 an.

Risque de chronicité si absence de prise en charge adaptée.

Conseils d’utilisation