Biologie
Faire réaliser, EN URGENCE, en milieu hospitalier, sans attendre un prélèvement à jeun :
Sur prélèvement sanguin :
NFS-plaquettes
Ionogramme sanguin : sodium, potassium, chlore, bicarbonates
Urée, créatininémie
Glycémie
Calcémie, phosphatémie
Gazométrie veineuse : pH et bicarbonates
+/- Selon le contexte :
CRP et hémocultures, si suspicion d’infection
Lactate, si sepsis ou état de choc
TP-INR, TCA, si geste invasif à risque hémorragique envisagé ou contexte hémorragique/anticoagulant
Sur prélèvement urinaire, si disponible :
Examen du sédiment urinaire
Rapport protéinurie/créatininurie
ECBU avec antibiogramme si culture positive, en cas de suspicion infectieuse ou obstructive
Ionogramme urinaire, urée et créatinine urinaires, si exploration d’une origine fonctionnelle ou tubulaire
Imagerie
Faire réaliser en urgence :
Échographie des reins, des voies excrétrices et de la vessie
Motif : anurie évoluant depuis _____, avec suspicion d’insuffisance rénale aiguë.
Antécédents utiles : rein unique / lithiase / pathologie prostatique ou pelvienne / chirurgie urologique / autre : _____.
Questions posées :
Rechercher une rétention vésicale et préciser le volume vésical
Rechercher une dilatation des cavités pyélocalicielles et des uretères, bilatérale ou sur rein unique
Préciser, si possible, le siège et la nature d’un obstacle
Préciser la taille et l’aspect du parenchyme rénal
Conseils d’utilisation
Urgence : ne pas différer la prise en charge
Toute anurie récente nécessite une évaluation hospitalière urgente.
Ne pas attendre un recueil urinaire de 24 heures ni les résultats d’un bilan ambulatoire.
Rechercher immédiatement une hyperkaliémie, une acidose métabolique, une surcharge pulmonaire et des signes de mauvaise tolérance urémique.
Dyspnée, confusion, instabilité hémodynamique ou suspicion d’infection sur obstacle :
imposent une prise en charge immédiate.
Éliminer d’abord une rétention urinaire
Préciser la dernière miction, la durée de l’absence d’urines et la diurèse habituelle.
Anurie = une diurèse < 200 mL/24 h.
Rechercher un globe vésical,
par l’examen clinique et la mesure échographique du volume vésical.
Une rétention peut être peu douloureuse.
Chez un patient sondé :
Vérifier la perméabilité de la sonde et l’absence de problème de drainage.
Une vessie vide n’exclut pas un obstacle urinaire haut, notamment bilatéral ou sur rein unique fonctionnel.
Quel bilan demander d’emblée ?
Ionogramme sanguin avec potassium et bicarbonates, urée, créatinine :
Rechercher les complications métaboliques et apprécier l’évolution par rapport aux résultats antérieurs.
ECG sans délai :
Rechercher le retentissement d’une hyperkaliémie.
Un ECG normal ne permet pas de l’exclure.
NFS-plaquettes :
Rechercher notamment une anémie, une thrombopénie ou des éléments en faveur d’une infection.
Gaz du sang :
Préciser une acidose suspectée ou évaluer une situation sévère.
Urines, si disponibles :
bandelette, sédiment urinaire et rapport protéinurie/créatininurie pour rechercher une atteinte rénale parenchymateuse.
Ne pas retarder les soins pour obtenir un prélèvement.
Quelle imagerie choisir ?
Échographie réno-vésicale urgente en première intention :
Rechercher une rétention, une dilatation des voies excrétrices, un obstacle et apprécier la taille des reins.
Scanner abdomino-pelvien sans injection :
Indiqué notamment si un obstacle lithiasique est suspecté ou insuffisamment caractérisé par l’échographie.
Absence de dilatation à l’échographie :
N’élimine pas formellement un obstacle, particulièrement s’il est récent ou associé à une déshydratation.
Suspicion de cause vasculaire ou d’un autre diagnostic nécessitant une injection :
discuter le protocole avec le radiologue. L’insuffisance rénale aiguë ne doit pas faire différer une imagerie injectée indispensable en urgence.
Quels examens complémentaires selon l’orientation ?
Infection urinaire ou obstacle infecté :
ECBU ; hémocultures en cas de fièvre, frissons ou sepsis.
Réaliser les prélèvements sans retarder l’antibiothérapie ni le drainage.
Hypovolémie, hypotension ou état de choc :
Evaluation de la volémie et de la perfusion ; lactate si indiqué.
Ionogramme, urée et créatinine urinaires éventuellement utiles si des urines sont disponibles, avec prélèvement sanguin concomitant.
Myalgies, traumatisme musculaire ou immobilisation prolongée :
Dosage des CK, à la recherche d’une rhabdomyolyse.
Anémie associée à une thrombopénie :
Bilan d’hémolyse comprenant LDH, haptoglobine, bilirubine, réticulocytes et recherche de schizocytes ;
Avis spécialisé urgent si suspicion de microangiopathie thrombotique.
Hématurie, protéinurie ou manifestations systémiques :
Avis néphrologique urgent ;
Bilan immunologique orienté, notamment ANCA, anticorps anti-MBG, complément C3-C4 ± anticorps antinucléaires.
Interpréter les résultats et organiser la suite
Créatininémie :
interpréter sa variation et la diurèse.
Le DFG calculé par CKD-EPI n’est pas fiable lorsque la fonction rénale évolue rapidement.
Indices urinaires :
la natriurèse et les fractions d’excrétion ne distinguent pas, à elles seules, une cause fonctionnelle d’une atteinte organique, notamment sous diurétiques.
Obstacle responsable de l’anurie :
Avis urologique urgent pour drainage adapté.
Après levée de l’obstacle, surveiller la diurèse, la volémie et les électrolytes.
Cause rénale, indéterminée ou évolution défavorable :
Avis néphrologique urgent.
Hyperkaliémie, acidose ou surcharge réfractaires, complications urémiques :
Discussion immédiate d’une épuration extrarénale. La décision ne repose pas sur un seuil isolé de créatinine.
Traitements et apports hydriques :
Réévaluer les médicaments néphrotoxiques ou à élimination rénale ; adapter les apports à la volémie.
Pas d’hydratation forcée ni de diurétiques systématiques pour « relancer » la diurèse.
Sources et références
Les liens externes s’ouvrent dans un nouvel onglet.
Source : https://clic4care.com/contenu/modeles/bilan-anurie--6644a2dd-4648-4303-84ab-ee1e1ab83bf9
