Bilan Anurie

Bilans typesMis à jour le Environ 4 min de lecture Accès libre, sans compte

Biologie

Faire réaliser, EN URGENCE, en milieu hospitalier, sans attendre un prélèvement à jeun :

Sur prélèvement sanguin :

  • NFS-plaquettes

  • Ionogramme sanguin : sodium, potassium, chlore, bicarbonates

  • Urée, créatininémie

  • Glycémie

  • Calcémie, phosphatémie

  • Gazométrie veineuse : pH et bicarbonates

+/- Selon le contexte :

  • CRP et hémocultures, si suspicion d’infection

  • Lactate, si sepsis ou état de choc

  • TP-INR, TCA, si geste invasif à risque hémorragique envisagé ou contexte hémorragique/anticoagulant

Sur prélèvement urinaire, si disponible :

  • Examen du sédiment urinaire

  • Rapport protéinurie/créatininurie

  • ECBU avec antibiogramme si culture positive, en cas de suspicion infectieuse ou obstructive

  • Ionogramme urinaire, urée et créatinine urinaires, si exploration d’une origine fonctionnelle ou tubulaire

Imagerie

Faire réaliser en urgence :

  • Échographie des reins, des voies excrétrices et de la vessie

    Motif : anurie évoluant depuis _____, avec suspicion d’insuffisance rénale aiguë.

    Antécédents utiles : rein unique / lithiase / pathologie prostatique ou pelvienne / chirurgie urologique / autre : _____.

    Questions posées :

    • Rechercher une rétention vésicale et préciser le volume vésical

    • Rechercher une dilatation des cavités pyélocalicielles et des uretères, bilatérale ou sur rein unique

    • Préciser, si possible, le siège et la nature d’un obstacle

    • Préciser la taille et l’aspect du parenchyme rénal

Conseils d’utilisation

Urgence : ne pas différer la prise en charge

  • Toute anurie récente nécessite une évaluation hospitalière urgente.

    • Ne pas attendre un recueil urinaire de 24 heures ni les résultats d’un bilan ambulatoire.

  • Rechercher immédiatement une hyperkaliémie, une acidose métabolique, une surcharge pulmonaire et des signes de mauvaise tolérance urémique.

  • Dyspnée, confusion, instabilité hémodynamique ou suspicion d’infection sur obstacle :

    • imposent une prise en charge immédiate.

Éliminer d’abord une rétention urinaire

  • Préciser la dernière miction, la durée de l’absence d’urines et la diurèse habituelle.

    • Anurie = une diurèse < 200 mL/24 h.

  • Rechercher un globe vésical,

    • par l’examen clinique et la mesure échographique du volume vésical.

    • Une rétention peut être peu douloureuse.

  • Chez un patient sondé :

    • Vérifier la perméabilité de la sonde et l’absence de problème de drainage.

  • Une vessie vide n’exclut pas un obstacle urinaire haut, notamment bilatéral ou sur rein unique fonctionnel.

Quel bilan demander d’emblée ?

  • Ionogramme sanguin avec potassium et bicarbonates, urée, créatinine :

    • Rechercher les complications métaboliques et apprécier l’évolution par rapport aux résultats antérieurs.

  • ECG sans délai :

    • Rechercher le retentissement d’une hyperkaliémie.

    • Un ECG normal ne permet pas de l’exclure.

  • NFS-plaquettes :

    • Rechercher notamment une anémie, une thrombopénie ou des éléments en faveur d’une infection.

  • Gaz du sang :

    • Préciser une acidose suspectée ou évaluer une situation sévère.

  • Urines, si disponibles :

    • bandelette, sédiment urinaire et rapport protéinurie/créatininurie pour rechercher une atteinte rénale parenchymateuse.

    • Ne pas retarder les soins pour obtenir un prélèvement.

Quelle imagerie choisir ?

  • Échographie réno-vésicale urgente en première intention :

    • Rechercher une rétention, une dilatation des voies excrétrices, un obstacle et apprécier la taille des reins.

  • Scanner abdomino-pelvien sans injection :

    • Indiqué notamment si un obstacle lithiasique est suspecté ou insuffisamment caractérisé par l’échographie.

  • Absence de dilatation à l’échographie :

    • N’élimine pas formellement un obstacle, particulièrement s’il est récent ou associé à une déshydratation.

  • Suspicion de cause vasculaire ou d’un autre diagnostic nécessitant une injection :

    • discuter le protocole avec le radiologue. L’insuffisance rénale aiguë ne doit pas faire différer une imagerie injectée indispensable en urgence.

Quels examens complémentaires selon l’orientation ?

  • Infection urinaire ou obstacle infecté :

    • ECBU ; hémocultures en cas de fièvre, frissons ou sepsis.

    • Réaliser les prélèvements sans retarder l’antibiothérapie ni le drainage.

  • Hypovolémie, hypotension ou état de choc :

    • Evaluation de la volémie et de la perfusion ; lactate si indiqué.

    • Ionogramme, urée et créatinine urinaires éventuellement utiles si des urines sont disponibles, avec prélèvement sanguin concomitant.

  • Myalgies, traumatisme musculaire ou immobilisation prolongée :

    • Dosage des CK, à la recherche d’une rhabdomyolyse.

  • Anémie associée à une thrombopénie :

    • Bilan d’hémolyse comprenant LDH, haptoglobine, bilirubine, réticulocytes et recherche de schizocytes ;

    • Avis spécialisé urgent si suspicion de microangiopathie thrombotique.

  • Hématurie, protéinurie ou manifestations systémiques :

    • Avis néphrologique urgent ;

    • Bilan immunologique orienté, notamment ANCA, anticorps anti-MBG, complément C3-C4 ± anticorps antinucléaires.

Interpréter les résultats et organiser la suite

  • Créatininémie :

    • interpréter sa variation et la diurèse.

    • Le DFG calculé par CKD-EPI n’est pas fiable lorsque la fonction rénale évolue rapidement.

  • Indices urinaires :

    • la natriurèse et les fractions d’excrétion ne distinguent pas, à elles seules, une cause fonctionnelle d’une atteinte organique, notamment sous diurétiques.

  • Obstacle responsable de l’anurie :

    • Avis urologique urgent pour drainage adapté.

    • Après levée de l’obstacle, surveiller la diurèse, la volémie et les électrolytes.

  • Cause rénale, indéterminée ou évolution défavorable :

    • Avis néphrologique urgent.

  • Hyperkaliémie, acidose ou surcharge réfractaires, complications urémiques :

    • Discussion immédiate d’une épuration extrarénale. La décision ne repose pas sur un seuil isolé de créatinine.

  • Traitements et apports hydriques :

    • Réévaluer les médicaments néphrotoxiques ou à élimination rénale ; adapter les apports à la volémie.

    • Pas d’hydratation forcée ni de diurétiques systématiques pour « relancer » la diurèse.

Sources et références

Les liens externes s’ouvrent dans un nouvel onglet.

Clic4Care · ModèlesRevenir en haut ↑

Source : https://clic4care.com/contenu/modeles/bilan-anurie--6644a2dd-4648-4303-84ab-ee1e1ab83bf9